TENTATIVES DE SÉDUCTION
Cette bienveillance inattendue s'était manifestée dès la réunion du Congrès de Berlin. A cette heure, le gouvernement français se heurtait en Tunisie, où il s'efforçait de maintenir son influence séculaire, à l'hostilité déclarée du Bey d'alors dont notre consul général à Tunis avait depuis longtemps à se plaindre, hostilité d'autant plus irritante et dangereuse que la résistance de ce potentat rencontrait à Constantinople un appui effectif sur cette terre africaine limitrophe de nos possessions algériennes ; il provoquait et favorisait les intrigues qui menaçaient la sécu-
rite de notre colonie et qui se traduisaient souvent par des incursions de tribus voisines, en deçà de notre frontière. Le gouvernement français, bien qu'il s'efforçât de dénouer pacifiquement ces difficultés, s'était vu obligé à plusieurs reprises de défendre par les armes l'accès de son territoire. Mais le Bey de Tunis, dont le successeur est devenu depuis notre protégé très loyal et notre ami très dévoué, persistait à nous témoigner son mauvais vouloir et à se dérober aux demandes légitimes que nous lui adressions pour mettre un terme à une situation qu'il semblait prendre à cœur de rendre intolérable.
Au cours des loisirs que lui laissaient les travaux du Congrès, le chancelier d'Allemagne causant avec les plénipotentiaires français s'était étonné de la longanimité de notre gouvernement envers le prince tunisien et, dans des entretiens caractérisés par leur cordialité, il les invitait à en finir