‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 46 sur 161 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

avec ce péril en prenant possession de la Tunisie.

« C'est une terre qui vous appartient de droit. Elle doit vous revenir tôt ou tard. Sa possession sera la sauvegarde de votre sécurité dans votre colonie algérienne et de votre influence dans le bassin de la Méditerranée. Allez-y, vous ne m'y trouverez pas et je me ferai un devoir de vous seconder à cet effet dans la mesure où je le pourrai. «

Dans des conversations avec les plénipotentiaires anglais et italiens qu'il savait peu disposés à laisser la puissance française se développer sur les rivages africains, il exprimait la même opinion.

« A mon sens, leur déclarait-il, laTunisie fait partie du domaine français et ne peut lui être disputée par aucune puissance. Je crois devoir vous prévenir que si la France jugeait à propos de s'en emparer, elle aurait l'appui de l'Allemagne. »

88 MISSION DU G^e dE SAINT-V ALLIER

Bien que Waddington et Saint-Vallier eussent ainsi constaté que les entreprises de leur gouvernement en Tunisie ne rencontreraient de la part de Bismarck que des encouragements, ils étaient d'avis qu'il n'y avait pas lieu encore pour la France de renoncer, dans ses rapports avec le Bey, aux procédés de conciliation, mais elle ne recevait de son attitude aucun résultat satisfaisant. A la fin de Tannée 1878, la situation en Tunisie était devenue intolérable et de plus en plus s'accusait la nécessité de mesures énergiques.

Dans la dernière semaine de décembre 1878, Bismarck, qui se trouvait alors à Friedrichsruhe, invita le comte de Saint- Vallier à venir y passer quelques jours auprès de lui. L'ambassadeur se rendit à cette invitation le 5 janvier suivant. Dès son premier entretien avec son hôte, il entendit, plus accentués encore qu'à Ber-

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