CHAPITRE VII
loyauté de son caractère. Hohenlolie me fait an grand éloge du président Grévy. Je m'étais ému de la démission du digne maréchal parce que je le connais depuis bien des années et que j'ai pour lui une profonde sympathie; mais je vois qu'avec M. Grévy rien ne sera changé.
En s' éloignant de l'empereur, Saint- Vallier se trouva en présence de l'impératrice. Depuis qu'il résidait à Berlin, elle avait toujours été pour lui attentive et prévenante; elle le fut encore davantage ce soir-là et lui tint des propos qui n'étaient qu'une répétition de ceux du souverain.
Du reste, il semblait qu'un mot d'ordre eût été donné pour le convaincre que ce qui venait de se passer à Paris ne modifierait ni les dispositions ni l'attitude du cabinet de Berlin.
Bismarck était alors à Friedrichsruhe, mais le secrétaire d'État Biilow parla à sa place.
« Hohenlohe, dit-il, nous a tenus au courant de tous les incidents de la crise et envoyé des appréciations rassurantes qui nous ont permis de calmer l'empereur.
Comme chef d'Etat et comme chef d'armée, il se sentait froissé des conditions imposées au maréchal sur le terrain militaire. Mais le rapport de notre ambassadeur a remis les choses au point et vous avez pu voir que notre vieux maître est de ce côté complètement rassuré. Cependant il s'inquiète encore un peu du langage des socialistes réfugiés à Londres et à Genève. A les en croire, la France va leur être livrée et leur servira de point d'appui dans leurs campagnes contre les monarchies.
Dites bien à l'empereur qu'il n'en sera rien et que ni le changement présidentiel ni la retraite de M. Dufaure ne modifieront l'esprit qui a présidé jusqu'ici à vos relations avec nous. »
Saint-Vallier n'eut aucune peine à don-