‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 56 sur 161 · LE GÉNÉRAL CHAINZY CHEZ BISMARCK · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL CHAINZY CHEZ BISMARCK

, Un mois plus tard, le général Chanzy, en se rendant à son poste, s'arrêta à Berlin, Saint-Vallier, avec qui il était lié^ ayant pensé qu'il serait utile qu'il fût connu de l'empereur Guillaume et du prince de Bismarck. Le chancelier lui fit l'accueil le plus cordial et l'invita à diner avec l'ambassadeur. Naturellement, la conversation tomba sur la Russie; à la grande surprise de ses convives, le chancelier fit de l'empire moscovite, de son gouvernement et de sa population le tableau le plus sombre : " Fatigué, mal secondé, mal renseigné, le tzar n'exerce plus d'une façon assez cons-

tante et assez énergique l'action directe qui est la condition essentielle d'un gouvernement autocratique. La Russie est un pays en pleine décomposition. " Il y avait vécu, il prétendait en parler en connaissance de cause. Il sembla cependant à Saint- Vallier que ces critiques étaient exagérées et dépassaient la mesure : «« Il veut atténuer l'intérêt que nous portons à la Russie et détruire la confiance qu'elle cherche à nous inspirer en vue de l'avenir. »

On pouvait croire, en effet, en entendant Bismarck, qu'il cherchait à jeter le trouble dans l'esprit de Chanzy et à le mettre en garde contre les impressions favorables que les Russes s'efforceraient de lui inspirer.

Après s'être livré à des critiques amères, il passa à un autre sujet, parlant avec volubilité, s'écoutant avec complaisance et ne dissimulant pas l'effort qu'il faisait pour prouver à ses convives qu'aucun des faits

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