CHAPITRE VIII
qui s'accomplissaient en Europe, grands et petits, politiques et sociaux, n'échappait à son observation. Il se plaignit particulièrement de l'invasion des idées nouvelles dans tous les pays, là même où on> ne croyait pas qu'elles fussent acceptées.
« Elles ont, en Allemagne, envahi la bourgeoisie qui n'a plus assez de ressources pour vivre comme elle l'entend. Le socialisme fait la tache d'huile et pénètre, sans qu'on s'en rende suffisamment compte, dans toutes les institutions qui sont destinées à le surveiller et à l'enrayer. A Berlin la police elle-même contient de nombreux adeptes. On a eu l'idée de soustraire ces agents à cette influence en leur créant, par une rémunération plus large de leur service, une vie meilleure. Les résultats obtenus en Saxe par ce moven ont prouvé qu'il ne valait rien et on en est resté là. »
Ayant ainsi constaté le mal et les périls que le socialisme faisait courir à tous les
gouvernements, il indiquait le remède à l'aide duquel on pourrait les conjurer, mais démontrait aussitôt son inefficacité ou plutôt l'impossibilité de l'appliquer.
" Le remède serait dans la sagesse des Parlements appuyant un pouvoir fort et ayant conscience des véritables besoins du peuple. Malheureusement la composition même de ces Parlements s'y oppose. Il n'arrive là que des gens qui recherchent une position honorable ou agréable et qui bientôt s'occupent d'eux beaucoup plus que du pays. En France, l'attrait de Paris, la rétribution des fonctions parlementaires excitent bien des convoitises. Tci, au Reichstag, nombre de gens sont enchantés de vivre à Berlin alors qu'ils seraient moins pressés d'exercer leur mandat ailleurs. »
Le chancelier était amené de la sorte à parler du retour des Chambres françaises à Paris; il considérait cette mesure comme