CHAPITRE Vin
la famille impériale lui prouva qu'il avait largement réussi.
Le kronprinz Frédéric fit gracieusement allusion à leur rôle réciproque pendant la guerre : " Nous avons rempli loyalement notre devoir, général; nous pouvons nous donner la main-. J'ai toujours aimé la France et je tiens à vous le répéter. » En réalité, alors qu'à Berlin comme à Saint-Pétersbourg et à Vienne, on s'était inquiété de la démission du maréchal de Mac-Malion et de l'avènement de Grévy, en se demandant si la politique française n'allait pas s'orienter à l'intérieur vers le socialisme, la présence et le langage de Ghanzy rassuraient, comme avaient déjà rassuré le maintien de Waddington dans le ministère français et celui de Saint-Vallier à l'ambassade de Berlin ; on estimait que pas plus qu'eux, il ne consentirait à servir et encore moins à représenter à l'étranger un gouvernement révolutionnaire et qu'aussi
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longtemps que des hommes semblables à eeux-là, professant leurs opinions et animés de leur esprit conserveraient leurs fonctions, le socialisme international, devenu de plus en plus menaçant, ne trouverait ni complaisance ni complicité dans le gouvernement de la République : constatation qui ne pouvait que le faire bien voir de celui de Berlin en un moment où Iç monde impérial était si gravement préoccupé des menées anarchistes.
Ainsi à ce début de l'année 1879, la confiance des cabinets étrangers, et plus particulièrement de ceux d'Allemagne et de Russie, dans la sagesse de notre gouvernement et dans son caractère conservateur, était entière et, semble-t-il, dépourvue de toute arrière-pensée. Malheureusement, elle allait être bientôt ébranlée par certains votes de la Chambre des députés, et la tâche de nos ambassadeurs dans les grandes capitales allait devenir plus