CHAPITRE YIII
lourde. Néanmoins l'heure n'avait pas encore sonné où cette éventualité se produirait. Saint-Vallier pouvait donc consacrer tout son zèle à entretenir de bons rapports avec le gouvernement impérial.
L'empressement de Bismarck à lui donner la I éplique facilitait sa marche vers le but qu'il s'était proposé. Il le poursuivait avec persévérance sans perdre de vue toutefois les devoirs imposés à son patriotisme. Au mois de mai de grandes manoeuvres allaient avoir lieu en Alsace en présence de Guillaume I". Le gouvernement français avait été invité à y envoyer une mission militaire. Consulté sur le point de savoir quelle réponse il convenait de faire à cette invitation, l'ambassadeur écrivait :
" Le soin de notre dignité, les égards que nous devons aux populations de nos chères et regrettées provinces, le souci même de la plus vulgaire prudence, doivent interdire absolument à nos officiers de
prendre part aux manœuvres du XV' corps et de paraître en uniforme français dans l'état-major allemand, comme des hôtes de l'empereur d'Allemagne sur un sol que la fortune de la guerre nous a récemment arraché. »
C'étaient là du reste des faits accidentels qui formaient en c[uelque sorte le courant ordinaire des préoccupations de l'ambassadeur et auxquels il serait sans intérêt de s'attarder. D'autres faits d'un ordre plus grave allaient se produire et créer à notre gouvernement et à ses représentants à l'étranger de cuisants soucis avec lesquels nous allons les voir aux prises.