CHAPITRE IX
l' AL s AGE-LORRAINE ET LE MARÉCHAL DE MANTEUFFEL
Dans la mission du comte de Saint-Vallier, le point noir, c'est la question d'Alsace-Lorraine, dont Bismarck s'est fait un instrument pour arracher au Reichstag le TOte des lois militaires. Elle surgit toujours à l'improviste; elle envenime tout et la moindre parole du chancelier sur ce sujet est une cause d'irritation dans la presse française. Cette irritation se trahit avec véhémence; dans les accents qu'elle suggère, Bismarck trouve des prétextes pour légitimer le langage souvent acerbe qu'il tient contre la France, non pas dans ses
H8 MISSION DU C^K DE S A liST-VALLIER
entretiens avec l'ambassadeur, car là, il fait montre de beaucoup de bienveillance et de modération, mais dans les manifestations publiques et plus particulièrement à la tribune quand il veut obtenir des députés un vote favorable.
Le 14 octobre 1878, tandis que Saint- Vallier est attendu à Berlin et que le comte de Moiiy gère l'ambassade comme chargé d'affaires, le tout-puissant ministre agite le spectre français devant le Reicbstag auquel il demande un crédit qu'il ne serait pas sûr d'obtenir s'il ne terrorisait ses auditeurs. Il laisse entendre, sans l'affirmer, mais assez clairement pour donner à sa parole le caractère d'une accusation, que les résistances qu'il rencontre en Alsace-Lorraine sont encouragées par le gouvernement français.
Averti par une dépêche de son ambassadeur à Paris du déplorable effet produit par son langage, il comprend qu'il est allé