CHAPITRE IX
frir au prince de la Couronne le gouvernement de l'Alsace-Lorraine, la seconde de doter le pays d'une organisation constitutionnelle, la troisième de transférer de Berlin à Strasbourg le siège de l'administration centrale des deux provinces, et la quatrième enfin de leur accorder d'être représentées au Bundesrath (conseil de l'empire) .
Celle-ci semblait destinée à soulever une vive résistance, car son adoption aurait eu pour résultat de renverser, au préjudice des petits Etats, la proportion des voix telle quelle avait été réglée et établie en 1872. D'après le chiffre de sa population, l'Alsace-Lorraine, pays d'empire, dépendant directement de l'empereur, aurait droit à trois voix qui seraient un renfort ajouté à celles de la Prusse, du Hanovre et d'autres pays de la Couronne et constitueraient pour la chancellerie impériale une majorité qui mettrait à néant les qua-
torze suffrages accordés aux petits Etats et qu'ils regardaient comme la dernière garantie de leur indépendance. Le différend menaçait de s'envenimer ; mais Bismarck y coupa court en faisant décider que les délégués alsaciens-lorrains au Conseil de l'empire n'auraient que voix consultative.
Ce n'était pas d'ailleurs le seul changement apporté au projet primitif. Peu à peu, tout ce qui dans l'organisation de l'autonomie était avantageux pour les Alsaciens-Lorrains en avait disparu. Par la volonté formelle de l'empereur, la candidature du prince de la Couronne était écartée ; écartée aussi la motion par laquelle on demandait une Assemblée provinciale élue par le suffrage universel et qui élaborerait une constitution.
Le bruit s'étant ensuite répandu que ces diverses dispositions ne seraient que transitoires et que l'empereur Guillaume se