CHAPITRE IX
Mais le fonctionnarisme prussien, à qui on laissera carte blanche, continuera à les régenter avec la raideur pédante et gourmée qui le rend vite et partout antipathique, et quand elles s'apercevront qu'on a rivé plus solidement leurs chaînes, il sera trop tard pour se libérer. »
La remarque était juste, mais dans les pays intéressés, les esprits n'étaient pas frappés par cette perspective au même degré que l'ambassadeur et que les membres du parti français qui siégeaient au Reichstag. Ils faisaient part à Saint-Vallier des impressions qu'ils recueillaient parmi leurs électeurs et ne lui cachaient pas les inquiétudes qu'ils éprouvaient en constatant ici et là un certain affaiblissement, non de la fidélité à la France, mais de la faculté de résistance à l'influence allemande.
Les hommes éclairés se rendaient compte de l'inanité des prétendues concessions libérales octroyées par le projet : « Ce
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n'est pas la suppression de la dictature, disait l'un d'eux, mais |Son déplacement. » C'était en effet la dictature transportée de Berlin à Strasbourg et d'autant plus dure qu'on en sentirait davantage le poids; ce serait en outre une augmentation de dépenses, un accroissement de charges pour les contribuables, toutes choses propres à provoquer parmi eux une crise de mécontentement, difficile à conjurer et qui leur vaudrait de nouvelles rigueurs, un retour pur et simple au régime passé, contre lequel, cette fois, il n'y aurait plus de remède.
•« L'émigration, déclarait l'un des correspondants de l'ambassadeur de France, a enlevé du pays la partie la meilleure des classes élevées; il n'y est resté que ceux qui n'ont pas pu réaliser leur fortune ou aliéner leurs propriétés. D'autres se sont enfermés dans leurs regrets, laissant la place aux immigrants allemands,