‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 68 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

çais à Nancy, à Metz ou à Saint-Dié, ce clergé gardait d'autant plus le culte de la patrie qu'il avait été, depuis l'annexion, l'objet de vexations, d'outrages, de poursuites dont le but avait été de le lasser et de l'obliger à abandonner ses ouailles pour rentrer en France.

Encouragé par les prélats dont il relevait, l'évêque de Metz, ceux de Nancy, de Saint- Dié, de Verdun, il avait fermement résisté et entamé une lutte acharnée contre l'autorité allemande, qui y répondait par des expulsions de prêtres, de religieux, de frères de la Doctrine chrétienne et des sœurs de charité, blessant ainsi les consciences, attisant la haine et donnant aux prêtres persécutés la plus grande influence, qu'ils consacraient à entretenir dans les cœurs l'amour de la patrie perdue. Ils étaient devenus les grands électeurs et c'est à eux que les députés restés fidèles à la France, attribuaient leur réélection.

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Tout à coup, au moment ou le Kulturkampf semblait finir en Allemagne et où, en France, la politique du gouvernement semblait s'en inspirer, ces sentiments se modifiaient, l'amour professé pour la République se refroidissait. « Le jour où Gambetta a dit dans un de ses discours : le cléricalisme, voilà iennemi, la cause française, avouait un député alsacien, a perdu dans ma circonscription la moitié de sa force et moi la moitié de mes électeurs. '^ Un autre sujet d'inquiétude pour les députés protestationnistes était la menace que leur faisait Bismarck de briser, s'ils ne changeaient pas d'attitude, le faisceau des forces alsaciennes-lorraines en séparant la Lorraine de l'Alsace et en rompant les liens qui les unissaient. Le chancelier se servait de ce projet pour les intimider; il leur avait déclaré qu'il consentait à commencer le nouvel essai de gouvernement local des deux provinces réunies, qui ne

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