‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 69 sur 161 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

seraient pas séparées si elles témoignaient des sentiments reconnaissants et plus favorables à l'empire allemand en raison des libertés qu'elles allaient recevoir, mais que, dans le cas contraire, la Lorraine serait purement rattachée à la province prussienne voisine, avec son chef-lieu à Trêves, tandis que l'Alsace redeviendrait un pays d'empire directement administré de Berlin.

it Voyez quelle est notre situation, disaient à l'ambassadeur de France les députés de Metz et de Sarreguemines :

si nous demeurons inébranlables comme jusqu'ici dans notre résistance, on nous sépare à jamais de nos frères d'Alsace pour nous noyer dans l'élément purement prussien de la province de Trêves; si nous montrons, ne fût-ce que dans la forme, des dispositions moins rebelles à toute conciliation, nous serons accusés de désertion par le pays qui, hésitant, cherchant sa

voie, se jettera dans les bras de l'Allemagne. »

Le spectacle des agitations intérieures de la France ne semble pas avoir été étranger à cette situation. On lit dans une autre lettre :

« A quoi bon tenir toujours nos regards fixés sur la France, supporter pour elle l'effet des rancunes des Allemands, repousser les avantages qu'ils nous promettent en retourdenotredocilité, quand cetteFrance, pour laquelle, depuis huit ans, nous nous résignons à tous les sacrifices, semble nous avoir oubliés dans des luttes intestines où elle dépense ses forces et son ardeur? Si la perte de notre province n'a pas suffi à grouper tous les Français pour les unir en vue d'un but grandiose, il faut nous résigner et nous dire qu'on a fait de nous des Allemands. »

Sans doute, il y avait quelque injustice dans ces propos dont les auteurs oubliaient

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