CHAPITRE IX
OU l'autre de nouvelles effusions de sang. Il l'a dit à Thiers à Versailles, à Pouyer- Quertier à Compiègne, à Saint-Vallier à Nancy et à Verdun; il l'a écrit et encore aujourd'hui, il le dit à Berlin et il le dira à Strasbourg. Il ajoute, il est vrai, que le mal est fait, qu'il est trop tard pour revenir sur le fait accompli et réaliser ce qu'il conseillait en 1871 : Metz et la Lorraine laissés à la France et l'Alsace autonome sous un prince de la maison de Prusse. »
De tels antécédents ne pouvaient que le faire bien venir et en cela, ils servaient la cause des autonomistes. Néanmoins, il n'accepta pas d'emblée le poste qui lui était offert; un jour où il était venu voir le comte de Saint-Vallier, il ne lui dissimula pas les raisons qui l'avaient fait hésiter et s'effrayer des difficultés de la tâche en vue de laquelle on avait fait appel à son concours.
Maintenant que sa décision était prise
138 MISSION DU Ce dE SAINT-VALLIER
et son acceptation définitive, il n'avait aucun motif pour taire ce qui s'était passé dans son âme et comment il comprenait l'accomplissement de la mission qui lui était confiée. Les aveux auxquels il se livra dans cet entretien et l'exposé de la conduite qu'il se proposait de tenir dans son nouveau poste présentent, quoique rétrospectifs, un intérêt qui commande de leur faire place dans ce récit.
« Mon rêve, confie-t-il à l'ambassadeur de France, serait d'adoucir le sort des populations et de rendre plus tolérable le régime qu'elles subissent, sans prétendre étouffer en elles les regrets légitimes, leur attachement si respectable dans sa constance pour leur ancienne patrie ; je veux leur faire bien comprendre que c'est la fidélité même de cet attachement qui m'inspire pour elles le plus d'intérêt et de sympathie; je leur dirai que moi, qui suis un Poméranien, si ma province venait à