CHAPITRE IX
C'était, décrit par avance, le tableau des difficultés- que le maréchal de Manteuffel devait rencontrer dans son gouvernement. Les plus graves lui vinrent d'abord des fonctionnaires qu'on lui avait adjoints en l'envoyant à Strasbourg et par ceux qu'il y trouva. Ligués avec le secrétaire d'État Herzog, qui se flattait d'être " pour la manière forte " , ils critiquaient acrimonieusement le maréchal, le dénonçaient à l'empereur et à Bismarck comme pratiquant une politique fatale.
Peut-être se rappelle-t-on qu il mit fin à ces intrigues au commencement de 1881, en offrant sa démission si Herzog n'était pas rappelé à Berlin : « Lui ou moi " , écrit-il. Herzog fut rappelé et les intrigues auxquelles il se livra à la chancellerie restèrent sans effet."
Mais après cet incident, Manteuffel comprit la nécessité de donner certaines satisfactions au parti qui lui était hostile
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en modifiant quelque peu sa conduite et en témoignant à ses administrés un peu moins de confiance et un peu plus de fermeté; il prit même certaines mesures qui contrastaient avec d'autres par lesquelles s'étaient antérieurement affirmées sa modération et son impartialité.
C'est ainsi qu'afin de favoriser les compagnies d'assurances allemandes en brisant la concurre'nce que leur faisaient les compagnies françaises établies depuis longtemps dans le pays, il prit contre celles-ci un arrêté de proscription. Saint- Vallier ne fut pas déçu; il avait toujours pensé que le maréchal ne pourrait pas donner sliite aux intentions qu'il manifestait en prenant possession de son poste et qu'une heure viendrait où il serait contraint d'adopter une politique moins bienveillante.
« Quel démenti douloureux, s'écriait l'ambassadeur, donné aux efforts que le maréchal avait faits jusqu'ici pour éteindre