‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 78 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

un allié qu'il savait hostile à la politique russe.

« Nous préférerions évidemment avoir à la fois une bonne entente avec la Russie et avecl' Autriche, disait-il alors, maissinous sommes obligés de choisir entre les deux, notre choix est tout fait et nous prenons l'Autriche pour des raisons nationales et autres. Il y a en Autriche neuf ou dix millions d'Allemands qui sont de cœur avec nous; les Hongrois et même les Tchèques sont de notre côté. »

Vis-à-vis d'x\ndrassy, il faisait valoir les avantages de l'alliance.

« Elle vous offrira une sûreté contre le panslavisme et à nous-mêmes une garantie contre toute alliance basée sur un désir de revanche; elle consolidera la paix et le nouvel ordre européen, y

Andrassy se laissait aisément convaincre; le rapprochement des deux empires serait un bienfait pour chacua

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d'eux et il déclarait qu'il voulait en faire " la pierre angulaire de sa politique » . Comme, après avoir exercé le pouvoir durant treize années, il se sentait fatigué et annonçait l'intention de prendre sa retraite, Bismarck lui arrachait la promesse de ne pas se retirer avant la conclusion de l'alliance. Lorsque le Congrès prit fin, leur accord était entier, il n'y manquait plus que l'approbation des deux empereurs .

François-Joseph donna la sienne sans hésiter. Bien qu'il fût alors visible que le traité, dans la pensée de Bismarck, était une arme contre la Russsie et contre la France, le souverain austro-hongrois y voyait une certitude de paix pour l'Europe plus encore qu'un instrument de guerre. Du reste, il ne lui déplaisait pas d'être à même de tenir la Russie en respect et de refréner les ambitions du tsar Alexandre II ainsi que les ressentiments

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