‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 79 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

qu'on devait lui supposer contre les auteurs principaux de la revision du traité de San Stefano.

L'empereur Guillaume ne se laissa pas persuader au même degré, de la nécessité de se précautionner contre la Russie; mais avant qu'il se fût prononcé définitivement un incident éclatait qui all&it précipiter la réalisation des désirs de Bismarck. Le tsar Alexandre s'était offensé de l'attitude des diplomates allemands qui siégeaient dans la commission internationale réunie à Novi-Bazar à l'effet de rectifier, conformément au traité de Berlin, la frontière turco-bulgare. Il écrivit à son oncle l'empereur Guillaume pour se plaindre de l'hostilité dont ne cessaient de faire montre envers les représentants du cabinet de Saint-Pétersbourg ceux du cabinet de Berlin. Bismarck, à qui son maître avait transmis cette lettre à Gastein où il faisait sa cure annuelle, considéra qu'il n'y avait

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pas lieu de prendre au sérieux « les réclamations d'un iiomme inconscient et malade " . Il y répondit par des explications qui ne donnèrent pas satisfaction au tsar. Celui-ci répliqua par un télégramme où son mécontentement se trahissait en termes irrités; on y sentait gronder la menace : « C'est une provocation », s'écria Bismarck en le recevant.

« Si ces mots se trouvaient dans une dépêche officielle, mande-t-il à son maître, il ne resterait qu'une chose à faire, ce serait de conseiller à Votre Majesté de mobiliser les forces armées allemandes contre la Russie. Je prie par conséquent Votre Majesté d'engager le tsar à traiter cette affaire par la voie officielle. »

Guillaume I" adhère pour la forme à ce conseil. Mais il prévoit que cette manière de procéder l'expose au risque d'entrer en guerre avec la Russie. La guerre avec le neveu qu'il chérit, ce serait l'horreur des

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