CHAPITRE X
horreurs ; il en est par avance épouvanté ; il n'en veut à aucun prix. Il lui propose d'aller conférer avec lui à Alexandrovo en Pologne russe et charge le maréchal de Manteuffel de lui porter sa proposition, convaincu qu'un entretien amical dissipera en quelques instants ce pénible et dangereux malentendu. Averti, Bismarck jette les hauts cris, il déconseille l'entrevue ; il voudrait tout au moins qu'elle n'eût pas lieu en territoire russe. Mais l'empereur ne l'écoute pas et part pour Alexandrovo d'où il reviendra quelques jours plus tard après avoir atteint le but qu'il s'est proposé. Entre lui et Alexandre, l'accord s'est fait.
Mais, pendant ce temps, Bismarck, qui ne se résigne pas à avoir été battu, a préparé sa revanche. Il a mandé Andrassy à Gastein et là, recommencent les pourparlers en vue d'une alliance entre l'Allemagne et l'Autriche; les deux hommes
d'État mettent sur pied un projet dans lequel est nettement formulée l'hostilité contre la Paissie. Il est envoyé à l'empereur Guillaume et lui arrache une protestation.
« L'Allemagne et l'Autriche, mande-t-il au chancelier, voudraient arriver toutes deux à se protéger contre des attaques subites d'un ennemi extérieur. Or, je ne peux accepter que a'ous considériez la Russie comme cet ennemi extérieur et que vous concluiez un traité contre elle dans les termes proposés. Lorsque je viens de tendre amicalement la main à l'empereur Alexandre, lorsque tout malentendu vient d'être dissipé entre nous, puis-je maintenant conclure secrètement contre lui une alliance même défensive dans laquelle lui seul est considéré comme pouvant être l'agresseur? Je ne puis commettre un tel acte de déloyauté. »
Le dissentiment qui s'était élevé entre