‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 81 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

le souverain allemand et le chancelier, dont témoi(3fnent ces propos n'est entré dans l'histoire que plusieurs années après par les révélations de Moritz Busch et par les documents qui y figurent. Aussi lorsque à la fin de septembre 1879, Bismarck arrivait à Vienne et bien que l'objet de son voyage ne fît doute pour personne, l'esprit et les termes du traité qui allait être signé le 7 octobre restaient enveloppés de mystère.

On ignorait notamment que, par la volonté de Guillaume 1", il avait perdu tout caractère agressif et que Bismarck avait été obligé de le rédiger de manière à ce qu'il n'inquiétât personne. On ne saurait donc s'étonner qu'il donnât lieu aux commentaires les plus variés et les plus contradictoires. Pour les uns, il était un gage de paix ; pour les autres, une menace pour le repos de l'Europe et notamment pour la Russie et pour la France. A Berfin

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on triomphait; à Vienne on jubilait. Autriciiiens et Hongrois s'offraient avec un joyeux empressement à la germanisation entreprise par la Prusse. L'ambassadeur de France, Teisserenc de Bort, qui avait succédé au marquis de Vogiié, écrivait : « On a perdu ici toute dignité, v

C'est en ces circonstances que, peu de jours après l'arrivée du prince chancelier, celui-ci se présenta à l'ambassade sans avoir fait annoncer sa visite. Mais Teisserenc de Bort, prévenu par Saint-Vallier, l'attendait et s'était préparé à la recevoir. Nouveau venu dans la diplomatie et n'ayant été jusque-là que très peu mêlé aux incidents de la politique extérieure, il n'était pas familiarisé avec les formes réservées et discrètes auxquelles ont recours le plus souvent les diplomates de carrière quand ils cherchent à sui'p rendre les secrets d'un gouvernement dont ils suspectent les desseins. Mais à défaut d'habitude et d'expé-

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