‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 83 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

nécessité ce coup de patte au galant homme à qui il ne pardonnait pas d'avoir percé à jour en 1875 sa politique de ruse et de déloyauté, il continue :

" Les relations personnelles que j'ai eues avec M. Waddington pendant la durée du Congrès de Berlin ont, je l'espère, donné à votre ministre confiance en ma parole, comme j'ai confiance dans la sienne. Eh bien! vous pouvez l'assurer que dans ce qui s'est dit à Vienne, il n'y a rien qui touche à la France, rien qui puisse éveiller sa méfiance ou lui donner de l'ombrage. La poUtique de modération inaugurée par M. Thiers et fidèlement continuée depuis, a fait tomber peu à peu les préventions qu'inspirait à son début la forme du gouvernement que vous avez adoptée. M. de Saint-Vallier et moi, nous nous entendons d'une manière parfaite. Les rapports mutuels de nos deux pays sont excellents, je n'ai d'autre désir,

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que de les maintenir et de les consolider. « Du reste l'histoire impartiale me rendra cette justice qu'à aucune époque, je n'ai eu spontanément de mauvais desseins Tis-à-vis de votre pays, je n'ai jamais désiré engager la guerre avec la France, même quand votre empereur nous excitait par ses exigences déraisonnables. J'en ai donné la preuve dans l'affaire du Luxembourg : alors le parti militaire très fort en Prusse disait bien baut qu'il fallait en finir, qu'une guerre avec la France était inévitable et que, puisqu'on était prêt, mieux valait l'engager tout de suite que de la différer. Vous n'êtes pas sans savoir assurément, monsieur l'ambassadeur, que j'ai résisté à cette pression et annoncé hautement que je me retirerais plutôt que d'y céder. Mais Napoléon nous a provoqués, il nous a jeté le gant. J'ai dû répondi'e à cette agression, comme doit le faire le ministre chargé de l'honneur et de l'inclépen-

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