‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 84 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

dance d'un grand pays, et laisser la parole au canon. Ce n'est pas à moi qu'incombe la responsabilité des conséquences pénibles pom- la France qui s'en sont suivies. V

A l'époque où il débitait cette tirade pro domo sua, on pouvait croire qu'en attribuant uniquement à Napoléon III la guerre de 1870, le chancelier ne disait rien qui ne fût vrai. Mais nous avons su depuis par ses propres aveux tout ce qu'il a fait pour la rendre inévitable. Guerre contre le Danemark, guerre contre l'Autriche, guerre contre la France constituaient un plan longuement prémédité et préparé, que Guillaume I" avait repoussé comme inexécutable et trop gros de risques lorsque Bismarck le lui soumit pour la première fois et qui lui fut imposé par la crainte, s'il ne l'acceptait pas, de voir son ministi*e se démettre et l'abandonner.

164 MISSIOIN DU C^e dE S AINT-V ALLIER

Teisserenc de Bort avait écouté sans interrompre cette apologie. Mais elle ne répondait pas à la question qu'il avait posée quant aux motifs du Aoyage de Bismarck à Vienne, et il la posa de nouveau. Ramené ainsi au principal objet de ce suggestif entretien, le chancelier s'expliqua :

« Vous voulez savoir comment j'ai été amené à venir à Vienne. C'est une triple occasion qui m'a décidé. D'abord j'étais à Gastein, et, pour rentrer de Gastein à Berlin, le détour de Vienne n'occasionne qu'un supplément de voyage de quelques heures ; puis je tenais à rendre au comte Andrassy la visite qu'il était venu me faire à Gastein. Mais ce qui a été pour moi, — je dois le dire franchement, — la considération décisive, c'est l'inébranlable résolution du comte. Quand j'ai vu que cette résolution était définitive et que la politique étrangère de l'Autriche allait passer dans d'autres mains qui pourraient à leur

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