‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 85 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

tour la transmettre à de nouveaux titulaires, je me suis dit qu'il y avait une haute influence qui n'était pas soumise à ces vicissitudes, et j'ai voulu m'assurerr/e visu — car l'intermédiaire des ambassadeurs, que je respecte, ne vaut jamais une conversation directe — que la politique d'alliance avec l'Allemagne, cette alliance qui est une si précieuse garantie pour le maintien de la paix de l'Europe, pratiquée avec tant d'intelligence et de fidélité par le comte Andrassy, était bien l'expression de la pensée intime de l'Empereur, en sorte qu'elle ne se trouverait dans aucun cas ni ébranlée, ni déviée par les changements ministériels.

u Un ministre du roi Louis-Philippe s'était servi dans le temps d'une expression qui a eu beaucoup de retentissement en France, et qui exprime bien l'état des esprits en Allemagne. Il avait dit que la France était satisfaite. Eh bien! je le dis

aujourd'hui de mon pays, l'Allemagne est satisfaite. Elle se trouve à l'aise dans sa nouvelle configuration; elle ne demande qu'à s'y maintenir en paix pour se donner tout entière à ses intérêts intérieurs.

^« Il n'en était pas de même avant 1866. Vous vous souvenez de ce qu'était alors la carte de la Prusse et la configuration géo gi'aphique qui nous avait été léguée par le traité de Vienne. La Prusse se composait de provinces disséminées sur un long ruban, séparées par des enclaves; elle manquait de moyens d'expansion vers la mer pour son commerce. Il n'y avait pas de forte organisation, de bonne administration compatible avec cet état de choses. J'ai dû à mon pays d'y porter remède. Les guerres avec le Danemark, avec l'Autriche sont devenues ainsi une nécessité. Mais aujourd'hui, je le répète, nous n'aspirons qu'à jouir en repos des fruits de nos efforts et de nos sacrifices, c'est-à-dire à assurer

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