CHAPITRE X
la paix pour nous et autour de nous. Ma conviction bien arrêtée est qu'une union étroite de l'Allemagne et de l'Autriche peut beaucoup, surtout dans les circonstances présentes, pour assurer ce résultat-
« La Russie, depuis le traité de Berlin, a une attitude équivoque qui demande à éti'e surveillée. L'empereur est parfaitement sincère dans son désir d'exécuter loyalement le traité, mais il est entouré de courants d'influences qui dominent souvent sa bonne volonté ou qui en paralysent les effets dans la mise en pratique. Rien ne sera plus efficace pour contenir et décourager ces velléités que l'intime union des deux États de l'Europe centrale, que lem* proximité des provinces en réorganisation semble désigner d'une façon plus particulière pour surveiller les événements. "
En présence du chancelier, l'ambassadeur, à qui ces explications étaient données d'un accent familier et comme l'exprès-
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sion d'une conscience en repos, ne pouvait que s'en montrer satisfait. Il eût été malséant de paraître incrédule, alors surtout qu'il n'ignorait pas quels efforts étaient faits à Berlin pour prouver au gouvernement français que l'Allemagne entendait vivre en bon accord avec lui, voire lui rendre des services. Il est d'ailleurs probable qu'eût-il voulu ouvrir un débat, Bismarck ne s'y serait pas prêté ou tout au moins aurait eu réponse à tout. L'entretien se termina donc aussi courtoisement qu'il s'était engagé, et le même jour Teisserenc de Bort envoyait à Paris le résumé que nous venons de reproduire en l'accompagnant de réflexions personnelles auxquelles il serait superflu de s'attarder.
Bientôt après, le comte de Saint- Vallier eut connaissance du monologue de Bismarck. Son sentiment sur l'alliance austroallemande nous est révélé par cette brève appréciation que nous relevons dans une