‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 88 sur 161 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

s'inquiétait du mystère dont restait encore enveloppé le but de T alliance austro-allemande. Il s'était flatté de bien vivre avec l'Allemagne et avec l'Angleterre. Au mois de septembre, il était allé à Puy, près de J3ieppe, pour conférer avec lord Salisbury, chef du ministère anglais, qui y passait l'automne; il était revenu enchanté de son voyage, avec la certitude qu'un parfait accord existait entre les deux gouvernements sur toutes les questions. Mais l'entente austro-hongroise laissait planer un nuage sur sa joie. Saint- Vallier lui ayant annoncé que le chancelier l'avait invité à aller passer quelques jours à Varzin, il se hâte de lui envoyer des instructions confidentielles où se reflètent ses inquiétudes. '< Le point le plus important à élucider à Varzin est la portée précise de la convention franco-allemande. On s'en préoccupe beaucoup ici. Y a-t-il eu un ti*aité en règle ou seulement un protocole consta-

tant une communauté d'idées sur certains points et prévoyant un traité en vue de certaines éventualités? Y a-t-il garantie des territoires actuels des deux monarchies? C'est là le point capital pour nous et aussi le plus difficile à établir complètement. Il est important que vous reveniez de Varzin avec une conviction faite sur ce point. L'abandon par l'Autriche de sa liberté d'action est en tout cas un élément considérable dans la poh tique générale de l'Europe et il faut savoir dans quelle mesure cette révolution est dirigée contre nous. »

Les réponses faites à l'ambassadeur ne furent pas moins satisfaisantes que celles qu'avait reçues Teisseirenc de Bort : non, la France n'aAait rien à craindre du traité austro-allemand, répéta Bismarck. Mais il n'en produisait aucune preuve; il fallait s'en tenir à ses assurances si l'on ne voulait pas se donner l'air de douter de sa

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