‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 89 sur 161 · CHAPITRE X 1T · texte numérisé non relu

CHAPITRE X 1T

parole, ce qui aurait eu des conséquences funestes.

On sait que le texte de la convention ne fut connu qu'en 1888 et qu'en fait, il calma, par son caractère inoffensif, les anxiétés qu'elle avait éveillées par toute l'Europe, anxiétés d'autant plus vives et d'autant plus légitimes qu'au lendemain du jour ou elle avait été signée, l'attitude de l'Allemagne envers la Russie affecta des allures nettement malveillantes, presque agressives. Tandis qu'à Vienne, le ministre Haymerlé et à Berlin, le chancelier tenaient un langage rassurant aux ambassadeurs de France, le gouvernement allemand massait des troupes sur la frontière russe, l'Autriche suivait cet exemple sur sa frontière italienne et la violence de la presse faisait écho à ces mesures belliqueuses. Le commandeur Nigra ne dissimulait pas ses alarmes. Dans ce qui se passait et bien loin de se douter que l'Italie entrerait un jour.

à titre défeusif, clans l'alliance, il voyait une menace contre son pays. " On poursuit, disait-il, la réalisation d'un plan général en profitant des circonstances favorables, dût-on au besoin les faire naître. "

Ce malaise persista jusqu'au mois de juin ]880. A cette époque, comme nous le raconterons plus loin, Gortscbakoff étant venu à Berlin vit Bismarck, et les deux cbanceliers se réconcilièrent. Mais le traité austro-allemand n'en resta pas moins comme un poignard suspendu sur l'Europe.

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