LA CHUTE DU MINISTERE WADDINGTON
Au commencement du mois de janvier 1880, la chute inattendue du ministère Waddington vint aggraver à i'improviste l'émotion qui régnait dans toutes les chancelleries. Elle fut particuhèrement vive à la Wilhelmstrasse. On se demandait si l'événement n'aurait pas pour conséquence de détruire la bonne harmonie qui, depuis le Congrès de BerUn, s'était établie entre la France et l'iillemagne.
Fidèle à l'engagement qu'il avait pris envers son ami le ministre renversé, le comte de Saint-Vallier s'était empressé d'envoyer sa démission à M. de Freycinet
qui succédait à Waddington. Elle était conçue en termes si précis que le nouveau titulaire du ministère des Affaires étrangères, quelque regret que lui inspirât la résolution de l'ambassadeur, avait renoncé à le retenir. Mais, en lui envoyant ses lettres de rappel, il le priait instamment d'en différer la remise. Saint-Vallier était trop bon patriote pour résister à ces instances. Il résolut de rester à son poste à titre provisoire et de voir venir. Il y était encore au mois d'avril, lorsqu'il reçutla circulaire en date du 16, que le ministre des Affaires étrangères envoyait aux agents de France à l'étranger afin de leur donner l'assurance que les questions pendantes entre les divers gou\ernements seraient abordées , par lui dans l'esprit où les avait conduites Waddington : cette poUtique était commandée par les bons rapports établis entre les puissances.
Il Y a lieu de s'arrêter un instant sur ce