‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 92 sur 161 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Freycinet, nous aurions risqué d'amener à se méprendre sur nos dispositions véritables une nation qui nous a toujours inspiré la sympathie la plus sincère. » En conformité de ce sentiment, les relations diplomatiques avec la principauté avaient été nouées et la nomination d'un ministre plénipotentiaire de la République à Bukarest avait consacré la conclusion de ce long débat en portant d'ailleurs une première atteinte au traité de Berlin.

Dans des conditions moins défectueuses, les stipulations de ce traité avaient été méconnues par l'accord intervenu entre le gouvernement de Gettigné et la Turquie pour modifier le tracé fixé par le Congrès. La fixation de la frontière entre la Grèce et le gouvernement ottoman et entre la Roumanie et la Bulgarie, restait toujours en suspens et devait y rester longtemps encore. Les puissances ne pouvaient que se résigner à subir une situation qu'elles

avaient eu le tort de ne pas prévoir et que ï'reycinet, dans sa circulaire, expliquait en ces termes :

« Les incidents de la dernière guerre d'Orient et les modifications territoriales sanctionnées par l'acte du 13 juillet 1878 ont provoqué dans la péninsule des Balkans des mouvements d'émigration qui ont porté une grave atteinte à la stabilité des populations et aux conditions mêmes de la propriété foncière. Le retour des réfugiés qui tend à s'opérer maintenant, les revendications que ces malheureux élèvent contre les occupants de leurs anciens domaines et de leurs foyers désertés, jettent un trouble profond dans les relations civiles auxquelles les administrations de Serbie, de Bulgarie et du Monténégro ont aujourd'hui mission de présider. Le Congrès de Berlin, en prévision de ce douloureux état de choses, a prescrit un certain nombre de mesures destinées à en

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