CHAPITRE XI
atténuer les conséquences. Nous nous occupons de hâter la mise à exécution de ces dispositions et nous recommandons aux gouvernements chrétiens qui ont recueilli les avantages de la guerre d'accepter de bonne foi tous les devoirs de leur situation nouvelle en accordant à leurs sujets musulmans le traitement qu'exigent l'humanité, la tolérance et la justice. »
On peut voir dans ce langage l'aveu de la faillite du Congrès et la preuve que les gouvernements qui y avaient pris part se reconnaissaient impuissants à imposer leur volonté et étaient obligés à se contenter de peu.
C'est sur le même ton plaintif que la <îirculaire ministérielle s'expliquait quant aux affaires d'Egypte qui allaient créer tant de complications et dont les Français ne pouvaient se désintéresser; elle parlait en termes émus de « cette terre arrosée autrefois de notre sang, fécondée aujour-
182 MISSION DU C^e DE S AINT-V ALLIER
d'imi par nos capitaux, riche en produits qui alimentent notre trafic dans la Méditerranée. Elle constitue un débouché nécessaire pour notre activité industrielle et commerciale, et elle se rattache à la France par tout un ensemble de traditions que nous ne saurions laisser péricliter sans qu'une des sources de notre g^randeur nationale fût atteinte » .
En cherchant à conjurer ce péril, le gouvernement français avait été amené à penser que nos intérêts n'étaient pas incompatibles avec ceux de l'Angleterre et qu'en associant les efforts des deux gouvernements, il parviendrait au but qu'il se proposait, c'est-à-dire l'organisation d'un régime administratif et gouvernemental pouvant garantir l'indépendance de l'Egypte contre les risques, soit d'un désarroi à l'intérieur, soit d'une intervention du dehors qui ne manquerait pas d'en être la conséquence. C'est ainsi que l'Angle-