‹ La mission du comte de Saint-VallierChapitre 94 sur 161 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

terre et la France s'étaient mises d'accord pour sauvegarder, avec le concours de l'Italie, de l'Autriche et de l'Allemagne les intérêts financiers de toutes ces nations. Le 31- mars de cette même année 1880, un accord international avait été signé au Caire qui semblait répondre à cette nécessité.

" Trop d'intérêts, écrivait encore Freycinet, trop de susceptibilités diverses sont enjeu dans les affaires d'Egypte pour que nous puissions nous flatter que ce succès d'ailleurs notable de nos efforts doive être considéré comme mettant fin aux tiraillements qui accompagnent inévitablement l'œuvre laborieuse d'une liquidation générale. Mais si nous ne nous dissimulons pas que notre tâche est encore incomplète, nous nous félicitons des résultats acquis et nous y puisons confiance pour tendre vers le but que nous nous sommes proposé. » Peut-être jugera-t-ou que c'était se con-

184 MISSION DU C^e dE SAIN T-V ALLIER

tenter de peu et que cet exposé d'une politicfue qu'on voudrait voir plus prévoyante et plus active était un témoignage attristant de la facilité avec laquelle le gouvernement français se laissait déposséder de son influence séculaire en Egypte et laissait l'influence anglaise se substituer à la sienne.

Il n'était rien cependant dans cette circulaire qui pût détourner le comte de Saint -Vallier de conserver son poste alors qu'il pouvait y rendre service à son pays en l'aidant à surmonter des difficultés sur lesquelles, au cours de sa mission, d'autres allaient se greffer, qu'il pouvait déjà prévoir. Son attention fut du reste encore plus attirée par le dernier paragraphe du document ministériel relatif aux congrégations religieuses et aux mesures draconiennes prises contre elles par le gouvernement français.

On était au lendemain des décrets du

Page 1