CHAPITRE XI
29 mars, le bruit s'était accrédité qu'ils auraient pour conséquence l'abandon de notre politique séculaire en Orient et dans l'Extrême-Orient et que nous allions cesser de protéger les missionnaires qui contribuaient à étendre notre influence et à faire connaître au loin le nom français. Freycinet protestait contre cette interprétation : u Les motifs qui ont dicté les décrets sont exclusivement d'ordre intérieur. Il s'agit de ramener à l'observation des lois des associations qui s'en étaient depuis longtemps écartées et qui ont appelé sur elles l'attention des pouvoirs publics. Mais notre sollicitude pour les intérêts religieux et notre respect pour les droits individuels n'en- sont nullement affaiblis, les mesures n'affectent en rien les conditions de notre protection à l'égard des missionnaires à l'étranger. »
Il est douteux que le comte de Saint- Vallier ait accueilli ces assurances comme
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paroles d'Évangile; il prévoyait déjà que quelle que kit la sincérité de ces témoignages de bon vouloir, les décrets du 29 mars étaient le prologue de la politique d'intolérance qui allait à brève échéance devenir celle du gouvernement français et nous faire tant de mal parmi les catholiques de tous les pays. Prétendre, comme le faisait Freycinet, que le sectarisme antireligieux pratiqué au dedans n'exercerait aucune action au dehors, c'était se payerde mots trompeurs et d'illusions décevantes, ainsi que l'a prouvé la suite des événements.
L^ambassadeurput croire cependant que les périls qu'il envisageait seraient conjurésaussi longtemps que Freycinet conserverait le pouvoir, qu'en somme mieux valait demeurer auprès de lui pour l'assister et seconder ses résolutions que le livrer, en l'abandonnant, aux influences meurtrièresdu sectarisme qui préludait à ses entre-