CHAPITRE XI
prises futures contre la liberté de conscience par des actes révélateurs de ses desseins. Cédant aux conseils de Waddington et au désir de Freycinet, il décida de ne pas quitter BerUn.
Sa résolution combla d'aise le prince de Bismarck :
« Je suis heureux du maintien du comte de Saint-Vallier, affirma-t-il à plusieurs personnes ; c'est le meilleur ambassadeur que la France ait jamais eu à Berlin et j'espère l'y garder toujours. »
A la cour, l'empereur et l'impératrice s'associaient à ces éloges et les accentuaient par les procédés cordiaux dont, en toutes circonstances, ils usaient vis-à-vis de l'ambassadeur et de sa mère. Saint- Vallier n'étant pas marié, cette noble femme venait souvent à Berlin pour l'aider à faire les honneurs de l'ambassade. A la fin de février, l'empereur et l'impératrice ayant consenti à dîner chez lui le 1" mars,
il lui demanda de venir l'assister en cette circonstance. Mais étant souffrante, elle dut renoncer à ce voyage. En constatant son absence, les souverains exprimèrent les plus vifs regrets. L'empereur ajouta que cette absence lui gâtait un peu la joie qu'il éprouvait « à se trouver à l'ambassade de France et en terre française " ,
Quant à l'impératrice, elle envoyait le même soir à Mme de Saint- Vallier un télégramme ainsi conçu : « L'empereur et moi venons de dîner chez votre fils qui nous a fait passer des moments bien agréables dans l'ambassade de France ; je n'ai eu que le regret de ne pas vous y trouver. — Mille vœux pour votre santé. »
Ainsi Saint- Vallier était l'objet, dans la famille impériale, de la même bonne grâce que le vicomte de Gontaut-Biron qu'elle traitait toujours en ami, quoique absent, ainsi qu'en témoigne la dépêche que voici.