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CHAPITRE VII

THABA-BOSSIOU, LA CAPITALE DE MOSHESH. — l’É- COLE DES FILLES. — BÉRÉE. — VISITE ü’ÉSAIE A LA TRIBU DE MANKOPANÉ. — TÉMOIGNAGE D’UN ENFANT.

Thaba-Bossiou, ou la montagne de Moshesh, a été, durant la vie de ce chef, la capitale de la tribu. Elle doit son importance au fait qu’elle occupait, géographiquement parlant, une position * centrale, qu’elle était la résidence du grand prince Moshesh, et qu’elle avait résisté avec succès aux attaques de diverses tribus et à celles des Boers. C’est là que Moshesh recevait les représentants des puissances européennes et africaines, et ce fut là qu’il acquit, par un gouvernement sage, une réputation qui le placera toujours au premier rang parmi les monarques de pays barbares. Nous ne craignons pas d’affirmer qu’il est d’ailleurs peu de souverains, élevés au sein de la civilisation européenne, qui puissent lui être avantageusement comparés.

Ce fut à Thaba-Bossiou, capitale de la tribu que,

peu de temps après la fondation de la première station de Morija, M. Casalis et sa femme

vinrent se fixer et établir une seconde station. Le fidèle Gossellin les accompagnait, et l’habile et vigoureux maçon se mit une fois de plus à l’œuvre pour bâtir, dans les déserts de l’Afrique, des maisons destinées à abriter le culfe du vrai Dieu et l’existence d’un missionnaire français.

Le site fut choisi avec soin ; c’était une éminence adossée à la montagne royale. Lorsque le chef, du haut de s'a citadelle, regardait à ses pieds, il pouvait apercevoir l’humble demeure de ses amis français, chez lesquels il descendait souvent pour pouvoir se procurer le plaisir d’une agréable et utile causerie. De là ces rapports intimes et confiants qui s’établirent — pour ne jamais cesser — entre le grand chef mossouto et les missionnaires français, et qui leur donnèrent un prestige considérable aux yeux de toute la tribu.

Les chefs africains, soumis à des influences européennes toujours grandissantes, ont besoin de recevoir, par l’entremise de personnes versées dans les affaires de notre continent, des conseils éclairés et

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sérieux; M. Casalis devint donc, non-seulement le maître et l’ami de Moshesh, mais aussi, à l’heure de l’épreuve et des difficultés, son plus fidèle conseiller. Il n’y a rien de mesquin dans les voies de la Providence; tout est grand dans l’histoire des peuples comme dans celle des individus, et il est impossible de ne pas attribuer aux conseils sages, fidèles, chrétiens, des amis français de Moshesh, la prospérité dont jouit à cette heure le peuple des Bassoutos.

MM. Arbousset et Gossellin se réunissaient souvent à leur ami Casalis, à Thaba-Bossiou , et partageaient avec lui la confiance du chef.

C’est l’homme qui met en honneur une localité et non la localité qui honore l’homme ; avant donc de raconter l’histoire de ma visite à la station dont le nom restera toujours indissolublement lié à celui de Moshesh, je vais retracer en deux mots l’histoire de ce grand chef.

Quelques années après l’arrivée des missionnaires français au Lessouto, M. Orpen, magistrat anglais très-distingué, faisait la connaissance de Moshesh et le décrivait en ces termes :

« C'est le chef barbare le plus original , le plus ca-

fable, le plus éclairé et le plus droit que le sud de V Afrique ait jamais possédé. Son humanité, sa douceur, son amour de la paix et de la justice se montrent en toutes occasions. Sa possession de lui-même devant les provocations extrêmes, son inébranlable fidélité et son dévouement au millieu de la bonne et de la mauvaise réputation, sa patience vis-à-vis des soupçons injustes et des accusations mensongères, sa magnanimité et sa générosité, toutes ces qualités réunies, et beaucoup d’autres encore, nous portent presque à croire que notre fidèle et patient allié , — comme il aimait à se nommer, — était véritablement chrétien. »

Je rapprocherai de cette opinion celle de sir John Cathcart, commandant en chef des troupes anglaises au sud de l’Afrique. Lui seul, parmi les hommes politiques qui ont approché Moshesh, a su apprécier du premier coup son caractère. Voici ce qu’il en dit :

« J’ai eu aussi un autre privilège, celui de faire la connaissance de Moshesh en .qui j’ai reconnu nonseulement le plus droit, mais le plus éclairé des chefs de l’Afrique du Sud. J’ai la plus entière con-

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fiance en sa bonne foi et j’ai pour lui le respect et la considération les plus sincères. »

Dieu a fait naître d’un seul sang tout le genre humain, par conséquent il peut y avoir de la noblesse chez tous les peuples et parmi toutes les classes de la société. Moshesh a été vraiment grand dans tout ce qui est noble en fait de sentiments. Il prêta la plus sérieuse attention, dès l’origine, à la prédication de la Parole de Dieu. En sortant du culte, il pouvait répéter le sermon tout entier, sans oublier un seul point, et l’expliquer à ceux de son peuple qui ne l’avaient pas compris. Il reçut ainsi, sans aucun doute, une certaine portion de la vérité révélée, laquelle, bien qu’elle demeurât encore dans son cœur à l’état latent, anoblit et forma son caractère. Il avait une grande âme. Attaqué dans sa montagne de Thaba-Bossiou, par une tribu puissante qu’il défit en lui faisant subir des pertes considérables, il envoya à ses ennemis, pendant qu’ils battaient en retraite, un troupeau de bœufs, et leur fit porter ce message : « Vous m’ave\ sans doute attaqué parce que vous avie\ faim, voici de la nourriture. »

En 1858, dans ses démêlés avec les Anglais, il

montra la plus grande générosité et une remarquable force de caractère. Sir George Cathcart, mal conseillé et ignorant ce qu’était Moshesh , avait envahi le Lessouto. Dans une bataille livrée sur la montagne de Bérée, non loin de celle de Thaba- Bossiou, les Anglais, accablés par le nombre, durent battre en retraite. Les Bàssoutos les pressèrent de tous côtés et la nuit seule vint séparer les combattants. Ils avaient prémédité, sous la conduite des fils de Moshesh, une attaque de nuit, dans laquelle les soldats anglais, accablés de fatigue, devaient infailliblement être écrasés par les masses des ennemis. Un ordre du chef vint tout arrêter, et le lendemain il envoyait au général anglais un message digne d'un homme d’État européen, par l’esprit politique qui l’avait dicté et par la générosité dont il était rempli : « Oh! mon maître, je te suis toujours fidèle, je suis toujours l’enfant de la reine . Quelquefois, lorsqu’un homme bat son chien, son chien lui mord la main ! cependant le chien aime son maître et le maître ne tue pas son chien. Je suis affligé de ce qui est arrivé hier; que ce soit oublié. » La paix fut faite.

Moshesh savait parfaitement qu’il ne pouvait tenir

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contre un gouvernement européen, mais peu d’hommes auraient eu comme lui la force d’âme de traiter au moment de la victoire. Les troupes anglaises se retirèrent après avoir perdu deux officiers et une quarantaine d’hommes. Elles avaient beaucoup de blessés-

La guerre suivante fut celle avec les Boers, en 1858. Ils envahirent le Lessouto, assiégèrent Moshesh qui les chassa du pays. Dans la dernière, commencée en 1865 et qui dura trois ans, les Boers enrôlèrent les aventuriers de la colonie et avec leur secours battirent les Bassoutos. Ils auraient contesté à Moshesh le Lessouto tout entier, si celui-ci, suivant dans cette difficile circonstance le conseil des missionnaires français, n’avait demandé le protectorat du gouvernement anglais ; il obtint ainsi pour son peuple, au lieu des exactions des Boers, des libertés et des immunités. Chef indépendant et respecté, il unit sa tribu aux colonies de la Grande-Bretagne et lui assura un avenir de prospérité croissante. Ainsi se termina la carrière politique de Moshesh.

A l’époque où se livra la dernière guerre, c’était un vieillard. Une maladie de plusieurs mois précéda sa mort, et, pendant tout ce temps, les missionnaires

lui firent de fréquentes visites. L’un d’eux lui rappela un jour que, bien qu’il fût chef, jamais ses missionnaires ne lui avaient caché la vérité et n’avaient omis de lui répéter avec fidélité qu’il était un pécheur et qu’il ne pourrait être sauvé que par Christ. Il se mit à* pleurer et à dire avec angoisse : « C’est vrai ! je le sais ! Que ferai-je ? Qu’est-ce qui me retient encore? » Il demanda instamment qu’on ne' cessât pas de prier pour lui : « Peut-être le Seigneur vous exaucera-t-il encore. » Une autre fois, la prédication de l’Évangile eut lieu dans sa chambre et il demanda qu’on lui apprît une prière qu’il pût répéter lorsqu’il serait seul.

L’un de ses conseillers courut après les missionnaires, un peu après leur départ, pour leur dire : « Savez-vous ce que je pense de Moshesh ? l’esprit le possède (les natifs expriment ainsi la conviction du péché), mais il a peur de le laisser voir à ses gens. » Quelques semaines plus tard, un messager envoyé par le pasteur de Thaba-Bossiou venait chercher ses frères. Moshesh était mourant et désirait voir ses missionnaires. Il dit à l’un d’entre eux: « J’ai appris que ta femme avait un petit enfant,

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quel âge a-t-il ? — Trois mois. — Alors, dit le chef, il a juste mon âge, je viens seulement de naître, je commence seulement à devenir un homme. » Il demanda aussi à ce missionnaire s’il croyait que tout ce qui lui avait été enseigné était vrai. « Oui, dit-il. — Je le crois aussi, » reprit Moshesh. Il demanda à voir sa femme et son enfant. Il regarda celuici pendant quelques instants avec attendrissement, puis il dit à sa mère: « Ma fille, ton petit enfant est mon thaka ( comtemporain ), » et lui pressant la main, il ajouta : « Tu m’as montré le chemin, j’irai auprès de Jésus. » Après cela, il ne sembla plus prendre d’intérêt aux choses de ce monde ; son désir était d’aller vers son Père. « Quand un père appelle son enfant, ne doit-il pas partir?» telles furent ses dernières paroles de foi et d’espérance... Les missionnaires devaient se réunir le dimanche suivant pour l’admettre, par la cérémonie du baptême, dans l’Église chrétienne. Mais, dès le vendredi, il fut appelé. Il fit dire à la femme du missionnaire dont nous avons parlé plus haut : « Que ma fille et mon gendre (son mari) ne s'inquiètent pas de moi , mais qu'ils aient beaucoup de confiance ; ils m'ont

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montré le chemin, et je vais à Jésus. Que mes missionnaires ne se lassent pas d'instruire mon peuple et surtout mes fils. Bien que je sache que mes fils ne les traiteront pas de la même manière que moi, qu'ils ne les abandonnent pas. Embrasse \ aussi ce petit enfant, Thaka- Moshesh. Puisse-t-il grandir pour être en bénédiction à mon peuple ! » Au moment où il rendait le dernier soupir, il dit encore : « Souleve^-moi, que je puisse m'envoler ! » Ainsi se termina la carrière du grand chef mossouto.

La patiente et persévérante bonté des missionnaires français, invités par lui à venir s’établir dans sa tribu, et leurs fidèles instructions, n’avaient pas été vaines. Petit à petit, les divines doctrines de l’Évangile avaient pénétré dans le cœur et dans la conscience de Moshesh. Le Saint-Esprit avait scellé sa foi au sacrifice expiatoire et à la résurrection de Jésus-Christ, et, bien que le baptême d’eau, ne lui eût jamais été administré, il avait reçu le baptême du Saint-Esprit, il était né de nouveau, selon son propre témoignage, et il était entré dans le royaume de Dieu

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Il faisait nuit lorsque je longeai la montagne qui avait servi de château et de . citadelle à cet homme remarquable. Les lumières de la maison missionnaire me guidèrent vers cette hospitalière demeure, et la réception de M. et Mme Jousse furent tout à fait en harmonie avec les souvenirs de l’ancienne capitale où ils ont, depuis bien des années, poursuivi l’œuvre commencée par M. Casalis. La bonté ne se décrit pas, mais la mémoire retient les douces impressions du passé, et le souvenir de mon arrivée à Thaba- Bossiou est l’un des plus agréables que j’aie conservé de mon voyage. Pendant que le souper se préparait, mes hôtes me mettaient à l’aise. Ils me parlèrent de la France, des amis que j’y avais visités, de ceux qui avaient autrefois vécu ici, et après une charmante soirée je fus très-aise d’aller me reposer.

16 Décembre. — Debout de bonne heure et fatigué. Pensant que l’air frais du matin me raviverait, je vais dans le jardin. Devant moi s’élève la montagne de Moshesh ; le soleil illumine ses pentes rocailleuses et elle a tout à fait l’apparence d'une forteresse naturelle, massive et imprenable. Je la regardai longtemps en pensant à celui qui y avait demeuré et

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à la grande transformation opérée chez son peuple par l’arrivée des missionnaires français.

Tandis que je repassais l’œuvre merveilleuse que leur patience avait accomplie, je pensais à l’inutilité de ma propre vie ; mais la vue des fleurs qui m’entouraient me donna quelque consolation. Le Seigneur ne les avait-il pas toutes créées dans l’unité, quant à leur essence, et dans la variété, quant à leurs formes et à leur couleur ? Ainsi, me disais-je, dans l’ordre de la grâce, il y a aussi des diversités et des degrés ; et cette pensée me consolait.

Je n’aurais su à laquelle de ces fleurs donner la préférence, elles étaient toutes admirables. Je n’aurais pas su, non plus, quelle grâce demander au Seigneur, s’il m’avait permis de choisir entre la foi, la science ou l’humilité. Cette prière, toutefois, s’échappa de mon cœur : « Seigneur, accorde-moi de devenir humble, semblable à toi, pur par ta sainteté. C’est la grâce qu’il me faut ; qu’ai-je besoin d'autre chose ? Glorifie-toi en moi. » Et mon âme fut aussitôt pénétrée d’une profonde joie.

Je rentrai à la maison et me préparai aux devoirs du jour. Les anciens et les évangélistes de Thaba-

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Bossiou étaient venus à Morija le dimanche où j'y avais prêché, et ils étaient maintenant ici pour me souhaiter la bienvenue. La belle chapelle bâtie par M. Jousse peut contenir plus d’un millier de personnes ; elle était comble et bien des gens ne purent y trouver place. Le Seigneur m’avait mis au cœur de prendre pour sujet : « Son royaume , formé dès à présent par la puissance det son Saint-Esprit dans le cœur de ceux qui lui appartiennent, et devant être bientôt manifesté dans la Gloire éternelle. »

Après la prédication, deux des fils de Moshesh vinrent me saluer. Tous deux avaient fait profession de croire au Seigneur, mais ils étaient retournés à leur ancienne vie. Je leur parlai très-sérieusement et leur lus, selon que j’ai coutume de le faire aux apostats et aux indécis, cette terrible déclaration : « Les timides auront leur part, avec les abominables et tous les menteurs, dans U étang ardent de feu et de soufre. Apoc. xxi, 8. » Le cher M. Jousse avait décidé que je pourrais réunir les chrétiens seuls. J’eus avec eux, dans l’après-midi, un second et bienfaisant entretien; l’assemblée était nombreuse. Après l’avoir congédiée, nous sommes allés, M. Jousse et moi, au bord de la

rivière, et là, paisiblement assis sur un rocher, nous nous sommes entretenus des choses de Dieu. Le murmure des eaux était délicieux, mais plus délicieux encore étaient les cantiques, chantés à côté de nous par les jeunes filles de l’école normale. En revenant, M. Joysse me fit remarquer un grand rocher qui était comme suspendu au flanc de la montagne, et au-dessous une hutte cafre. Une vieille veuve chrétienne demeurait dans cette hutte, me dit-il ; ce rocher détaché de la montagne fut arrêté dans sa course au moment où il allait atteindre et écraser cette pauvre demeure et celle qui l’habitait. En apparence, rien ne pouvait prévenir ce malheur ; mais Celui qui arrête avec des grains de sable les flots de la mer a dans les mains tous les moyens d’action, qu’il s’agisse de la nature ou de la grâce. Lorsque l’épreuve est menaçante, souvenez-vous du rocher de la veuve , au Lessouto.

Dans la soirée, nous sommes allés au pensionnat de filles dirigé par Mlle Cochet. Cette institution a été fondée par M. et Mme Jousse, pour l’éducation des jeunes femmes indigènes, et elle est dans la Mission d’une importance extrême. Les élèves-instituteurs

l'école des filles.

étaient éloignés de leurs familles et soigneusement préparés comme des Européens à l’accomplissement de leur tâche future. Lorsqu’ils voulaient se marier, ils étaient obligés d’épouser des femmes qui leur étaient inférieures, par le fait que, bien qu’elles eussent été instruites dans les écoles missionnaires, elles n’avaient pas eu l’avantage d’un contact suffisant avec la civilisation. Il arrivait ainsi que ces jeunes gens, en se mariant avec des femmes qui ne pouvaient leur apporter que la manière de voir et d’agir de la hutte indigène, perdaient le bénéfice de l’éducation qu’ils avaient reçue.

J’avais appris à apprécier les avantages d’une école semblable à celle de Thaba-Bossiou, lorsque j’étais à Singapore, où l’on en a fondé une pour les femmes chinoises. La vie de plusieurs de celles qui en sont sorties m’était connue ; elles avaient noblement rempli leur tâche, soit comme femmes de prédicateurs indigènes, soit dans d’autres positions importantes. Ce fut donc avec un grand intérêt que je visitai l’école que M. et Mmc Jousse ont fondée sous leur propre responsabilité. Tout y est parfaitement ordonné, simple , propre et confortable.

La disposition des bâtiments est très-convenable, et bien qu’ils soient assez vastes, il n’y a pas de luxe inutile. Il y avait une vingtaine de pensionnaires1. Elles ont très-bien lu et chanté, et j’ai pu me rendre compte des progrès qu’elles ont faits. Leurs habitudes d’ordre et leur bonne conduite à l’école font bien augurer de leur avenir, comme femmes et comme mères, au sein de la tribu. L’école de Thaba- Bossiou, comme celle de Morija, a obtenu l’approbation et la sanction du gouvernement anglais, qui leur accorde, ainsi qu’à d’autres institutions missionnaires, de généreuses subventions ; ces dons ne suffisent pourtant pas à leurs besoins.

17 Décembre. — Le matin, je me suis entretenu avec les catéchumènes sur Jacques, 11 : la foi démontrée par les œuvres ; après quoi j’ai parlé à l’école. Puis j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de Mlle Lemue,dont il a déjà été question dans ce livre. Dans l’après-midi, M. Jousse me propose une promenade à cheval sur la montagne de Moshesh; vers le sommet, le chemin devient extrêmement escarpé et

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