‹ La mission française du sud de l'AfriqueChapitre 17 sur 33 · BÉRÉE · texte numérisé non relu

BÉRÉE

le suivirent. Il trouva un missionnaire allemand dans la localité où il avait primitivement prêché, et le jeune homme dont nous avons déjà parlé plus haut; il avait continué son ministère, et dix-sept personnes avaient abandonné le paganisme ; les cinquante-cinq membres de la tribu de Mankopané s’ajoutèrent à ce petit troupeau. Ésaïe continua à prêcher l’Évangile parmi les natifs de l’État-libre jusqu’au moment où, la guerre étant finie, il put retourner au Lessouto.

Le missionnaire qui a rencontré Ésaïe a rendu bon témoignage à sa. fidélité et au succès de son travail.

20 Décembre, jour du Seigneur. — La maison de prière n’est pas assez vaste pour contenir le grand nombre de personnes qui viennent au service du matin ; nous nous assemblons en plein air, par un temps radieux. Avant de commencer à parler, jetant les yeux sur la montagne qui est à ma droite, j’aperçois le chemin que l'infanterie anglaise a pris pour gravir la montagne, lors de la bataille de Bérée. En imagination, je vois la ligne d’habits rouges qui s’avance lentement, et les nuages de fumée blanche, qui marquent le début du combat. Dieu soit béni de ce que je ne suis plus aujourd’hui un officier de l’armée

anglaise, combattant contre les Bassoutos, mais son humble témoin auprès de ces pauvres noirs !

Méditation sur ces paroles de Jean, xi : Je suis le pain de vie. Jésus répond à tous nos besoins, et l’âme qui se nourrit du fait que son corps a été rompu et son sang répandu pour nos péchés, l’âme qui l’accepte comme son Sauveur glorifié, a la vie.

Dans l’après-midi, au milieu d’une église très-remplie, nous avons célébré la mort du Seigneur sur la croix. Le soir, j’ai parlé à l’école et lu la lettre que j’avais déjà communiquée aux enfants de Morija, car les enfants de Bérée sont aussi venus en aide aux pauvres enfants de Londres et cela de la manière la plus généreuse. Aussi, à leur grande joie, leur ai-je promis une fête pour le jour de Noël.

Les membres de cette station sont au nombre de quatre cents environ. — Trois cents ont été admis à la Sainte Cène. Il y a .trois annexes avec des écoles et, dans ces écoles, il y a trois cents enfants. Les fidèles ont souscrit plus de 2,000 francs, l’année dernière, en faveur des nombreuses œuvres de la mission.

Je jouis beaucoup de mon entretien avec M. et Mme Maitin ; Mme Duvoisin est leur fille, et je con-

TÉMOIGNAGE ü’UN ENFANT.

serve un bien bon souvenir d’elle, de son mari et de leurs enfants. Il a plu à Dieu de leur retirer dernièrement leurs chères filles Eugénie et Marie. Le témoignage que celle-ci a rendu sur son lit de mort est si édifiant que je ne puis pas omettre de l’insérer ici, bien persuadé que chacun le lira avec édification et que M. Duvoisin me pardonnera d’avoir fait un extrait de sa lettre :

« Le jour de la mort de sa sœur Eugénie, dans l’après-midi, la trouvant seule, M. Duvoisin la prit dans ses bras : « N’est-ce pas, ma petite Marie, aujourd’hui tu vas te donner décidément au Seigneur ?

— Papa, répondit-elle, je me suis déjà donnée à lui. » *

Elle Lui appartenait en effet. Quand la violence du mal qui la suffoquait la faisait s’agiter sur sa couche c’était le nom de Jésus qui la calmait.

Un jour elle lui dit : « Papa, nous sommes trois ici, toi, moi et Jésus ! »

Elle souffrait beaucoup, mais le Seigneur la mûrissait pour le ciel. Dans la matinée du lundi, elle dit à sa mère: « Maman, au dernier jour, quand Dieu

voudra me juger, je me réfugierai auprès de Jésus et je lui dirai : Cher Sauveur, je suis à toi, tu m’as rachetée par ton sang ; et II dira: Oui, elle est à moi, il ne faut pas qu’on la juge. »

Dans la nuit du lundi au mardi, Ier mai, comme je veillais auprès de nos enfants avec leur chère grand’maman, je courus appeler ma femme et M. Casalis. Évidemment, la fin approchait. M. Casalis dit: Prions! Mais je ne pouvais me joindre à cette prière. Je prends ma femme par la main, et nous retirant dans une chambre écartée, nous crions

de nouveau au Sauveur

On vient nous chercher, disant qu’elle nous

appelle. Nous revenons vers elle

Notre chère petite était comme transfigurée ; son doux visage, un instant auparavant contracté par la douleur, était radieux et comme illuminé d’une céleste lumière. Elle nous tendit les mains en disant: « Ne

pleurez pas, riez ; je suis heureuse jev vais vers

Jésus moi, je pleure de joie. » Et elle nous

regardait tous en souriant d’un sourire angélique..... Elle parla ensuite de sa sépulture et demanda qu’on la mît à côté de sa petite sœur. Puis, elle fit ses

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