TÉMOIGNAGE DUN ENFANT
adieux. Avec une clarté d’esprit qui nous confondait, elle pensait à chacun. Elle tendit la main à tous les Bassoutos qui étaient là, en leur disant : « Lumelcing ké thabile , Adieu, je suis heureuse. •» Son oncle étant entré sur ces entrefaites, il pousse un cri : « C’est un ange ! » et il se baisse pour l’embrasser. — « Je vais, dit-elle, vers ma petite sœur; je la vois, elle m’appelle. » Ensuite elle demanda qu’on chantât : « Ki latiloe ki Jesd. Jésus est venu
me chercher. » Nous entonnons tous ce beau cantique, et elle joint sa voix aux nôtres jusqu’à la fin. En effet, elle était bien dans les bras de Jésus. Le bon Berger la portait sur son sein comme un agneau ; et elle s’avançait sans crainte dans la sombre vallée, car il était avec elle.
Un moment -après, elle demanda à sa mère de lui répéter un autre cantique favori: « Je veux t’aimer, ô mon Sauveur ; » puis elle en répéta elle-même, en souriant, les dernières paroles : « Et je volerai dans tes bras ! »
Elle eut ensuite comme une vision du ciel :
« Blanc.... blanc disait-elle, plus blanc que la
neige!.... Il marche là, vêtu de blanc • et voici
ma robe blanche. » Puis, elle dit à sa mère : « Tu sais, ce matin, quand tu me demandais ce que je voyais. Je voyais Jésus qui m’ouvrait la porte du ciel. C’était .si beau! » Un instant après, elle eut, semble-t-il, une visite de l’ennemi : « Va-t-en, Satan, — disait-elle en sessouto, en se tournant vers le mur, — tu es mauvais ; je n’ai rien à faire avec toi. » Puis elle dit à sa mère, en étendant la main : « Voici ma couronne. » Ésaïe, l’évangéliste de Kolonyama, s’étant penché sur elle, elle lui dit : « Esaïa, ki tsuére mofapatlogo (je tiens ma couronne). » •
« Que j’aurais voulu, disait plus tard Ésaïe, pouvoir soulever le rideau et voir ce qu’elle voyait ! » Nous ne pouvions détacher nos regards de ce visage radieux. Nous étions comme sur le Thabor. C’était comme un splendide coucher du soleil qui dorerait une cime.
Cette mort a fait une impression extraordinaire sur tous ceux qui en. ont été témoins.
« Aujourd'hui, dit un indigène, nous voyons de nos yeux ce que nos missionnaires nous prêchent depuis si longtemps. »