‹ La mission française du sud de l'AfriqueChapitre 29 sur 33 · GUERRE DU TRANSVAAL · texte numérisé non relu

GUERRE DU TRANSVAAL

jour quelle était la mission qu’il pourrait aider de ses dons ; je lui tendis la lettre. Après l’avoir lue, il me dit : « Je vous remettrai volontiers quelque chose pour cela ; » et j’eus la joie de pouvoir écrire à mon bienaimé frère, en Afrique, que je lui enverrais 4,625 fr. par le courrier suivant. M. Mabille me racontait dans cette lettre que quelques femmes bassoutoses se réunissaient dans sa maison pour demander au Seigneur d’aider la mission et de lui envoyer des secours. Je lui écrivis qu’il fallait les encourager à persévérer, car leurs prières avaient déjà été exaucées.

Peu de temps après, le gouvernement du Transvaal renvoyait la mission Vaudoise. Comme nous l’avons dit plus haut, MM. Creux et Berthoud avaient été arrêtés et emmenés dans une ville éloignée de leur station, tandis que leurs femmes et leurs enfants étaient laissés au milieu d’une population païenne. Ce fut une dure épreuve pour l’Église libre du canton de Vaud qui s’est toujours montrée la fidèle amie de celle de France dans le champ de travail missionnaire de l’Afrique.

Le jour même où ces frères furent arrêtés, le président Burgers fut battu par Sécou-Kouni ; ordre

MISSION DU SUD DE l’àFRIQUE.

fut en conséquence donné de les relâcher et ils reçurent l’autorisation de retourner auprès des leurs après avoir subi une captivité de quelques semaines. Leurs difficultés étaient arrivées à leur terme.

Un fait servira à prouver la fidélité et l’intelligence des évangélistes indigènes: Béthuel, l’un de ceux qui étaient avec M. Berthoud n’eut pas plus tôt appris l’arrestation de M. Dieterlen et de ses amis, qu’il s’en alla seul au-delà du Limpopo avertir les chefs banyaïs que la mission avait été entravée par les Boers, mais qu’ils pouvaient être assurés qu’elle se remettrait en marche dès qu’elle le pourrait.

La sombre nuée disparut rapidement. Le gouvernement qui s’était si mal conduit à l'égard d’un inoffensif missionnaire français et de sa bande de chrétiens indigènes, ne fut pas capable de se maintenir sur le champ de bataille contre des guerriers indigènes et, dans l’intérêt de la paix de l’Afrique méridionale, il fut reconnu nécessaire que l'Angleterre soumît le Transvaal. Elle le fit sans verser une seule goutte de sang. Les Boers eux-mêmes étaient las de la folie de leurs prétendus chefs, et désapprouvaient entièrement leur politique à la fois euro-

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