LA PORTE EST OUVERTE
péenne et sauvage. La guerre entre les Boers et les Cafres qui menaçait de s’étendre dans toute l’Afrique du Sud, s’apaisa sur la simple proposition de l’Angleterre de diriger les affaires du Transvaal. Ainsi, la porte qui s’était fermée d’une manière si inattendue sur les Banyaïs, fut réouverte d’une manière tout aussi inattendue l’année suivante. On n’avait rien perdu, on avait au contraire beaucoup gagné. La patience, la persévérance et la foi des Évangélistes avaient été mises à l’épreuve et leur fidélité et leur zèle avaient beaucoup augmenté la confiance qu’avaient en eux leurs missionnaires et leurs Églises.
De nouveaux arrangements de départ furent pris. M. Dieterlen en revenant au Lessouto avait pris la direction de la station de Hermon; il y était fort béni et on jugea qu'il serait inopportun de l’éloigner de son champ d’activité. Il fut également considéré qu’il valait mieux envoyer un missionnaire marié, parce qu’il était inutile d’imposer sans nécessité une année d’absolue solitude à celui quj partirait. Après avoir beaucoup prié, la conférence missionnaire, à l’unanimité, délégua M. Coillard pour aller en son nom, comme ambassadeur de Christ, auprès
des Banyaïs. Sa longue expérience et l’attachement profond que lui portaient les indigènes le qualifiaient d’une manière toute particulière pour occuper ce poste d’honneur. Il avait obtenu du Comité de Paris la permission de retourner en France, sa femme était ardemment désirée par sa famille, en Angleterre, mais, un vide douloureux s’était fait au milieu de la petite troupe d’ouvriers du Lessouto : M. Cochet qui était aimé et estimé de ses frères et des indigènes, avait terminé sa longue et fidèle carrière dans sa station de Béthesda. M. et Mme Coillard sentirent que l’appel qui leur était adressé par leurs frères, pour aller porter l’Évangile de Christ aux Banyaïs, était un appel de Dieu. M. Coillard m’écrivait de Léribé, en date du 18 décembre 1876: « Le rappel subit de notre frère Cochet, la faiblesse de notre nombre et le bien que Dieterlen a déjà fait à Hermon s’opposent absolument à ce qu’on puisse en faire le sacrifice aux Banyaïs A notre der-
nière conférence de Thaba-Bossiou, les frères, à l’unanimité m’appelèrent à prendre la direction de l’expédition. Nous demandâmes dix jours pour éfléchir et prier. Ma femme et moi sommes arrivés