‹ La mission française du sud de l'AfriqueChapitre 32 sur 33 · ARRIVÉE A PRETORIA · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A PRETORIA

glais en proclamant le Transvaal province britannique! Toutes les rues étaient pavoisées et remplies d’une foule fort agitée. « Le canon grondait, nous écrit M. Coillard, et tandis que du haut de la montagne nous regardions la ville qui nous apparaissait au travers de bosquets de verdure, nous pouvions apercevoir, au premier plan, la prison dans laquelle nos frères avaient été enfermés l’année dernière, et nous nous sentions tout émus. Quel contraste avec les circonstances actuelles ! L’homme qui tenait alors le gouvernail d’un vaisseau prêt à périr, est parti et s’en est allé dans quelque endroit de la Colonie, les membres du Conseil ont prêté serment à la reine et les troupes anglaises paradent sur la place. Sir T. Shepstone nous a reçus fort aimablement. Comme j’aurais voulu que le jeune frère qui, l’an dernier, avait été promené dans ces mêmes rues, avec nos évangélistes, par un policeman à cheval, eût été assis à ma place, à la table du gouverneur, et eût vu l’intérêt que sir T. Shepstone et son état-major portent à notre expédition ! C’est le Sçigneur qui a fait tout cela. Il a écarté les hommes qui faisaient opposition à son Évangile; il a ouvert une porte que personne

ne peut fermer. Nous eûmes beaucoup de plaisir à faire la connaissance de M. et Mme Bosman, qui travaillent avec ardeur dans ce champ, le plus aride de tous ceux qui appartiennent à la vigne du Seigneur. Avec M.- Grüneberger, le missionnaire allemand qui fut si bon pour M. Dieterlen, nous avons passé des moments que nous n’oublierons pas. Nos cœurs sont d’autant plus attachés à ces chers frères que ce sont les seuls chrétiens que nous ayons rencontrés dans cette ville de plaisir et de mondanité. Dieu les bénisse et les récompense pour tout le bien qu'ils nous ont fait !

» Les cérémonies du jour avaient attiré dans la capitale du Transvaal de nombreux visiteurs : Anglais, Boers, indigènes, missionnaires, etc. Rien ne fut omis de ce qui pouvait rendre la manifestation plus imposante. Chacun la jugea à son point de vue; mais personne ne peut mettre en doute nos sentiments personnels. Nous remercions Dieu de ce que l’Angleterre a enfin compris quel était son devoir vis-à-vis de l’Afrique. - *

» Ce même jour, un enfant naquit à l’un de nos évangélistes; nous lui donnâmes le nom d'Ebenézer.

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