‹ La mission française du sud de l'AfriqueChapitre 5 sur 33 · ORIGINE DE L ŒUVRE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE L ŒUVRE

clavage existait dans les établissements hollandais, et les colons français étaient tous propriétaires d’esclaves. Mais ils n’avaient pas renié la foi pour laquelle leurs ancêtres avaient souffert. Ils avaient emporté en Afrique leurs vieilles Bibles et ils avaient à cœur d’obtenir des secours religieux pour leurs subordonnés. Ainsi, chose merveilleuse, avant même que la mission partît pour l’intérieur, elle fut en bénédiction aux fragments épars de l’ancienne Église de France et put, au milieu d’eux, se mettre à fonder une Église d’Africains.

Cet heureux arrangement fait, MM. Lemue et Rolland dirent adieu à leur frère et se mirent en chemin pour les contrées habitées par les païens indigènes. Il faut avoir fait l’expérience de ce que sont les voyages sur cette terre africaine, mettre de côté tout souvenir de routes, de ponts et autres facilités de ce genre, pour se faire une idée des fatigues et des contrariétés que les deux missionnaires eurent à supporter pendant des semaines et des mois. Mais Dieu était avec eux ; ils le savaient et ils marchaient avec confiance.

Je puis assurer que j’ai moi-même, en pareille

circonstance, souvent arrosé de mes larmes le sol de la Cafrerie. C’est dans de semblables moments qu’il fait bon se souvenir de la promesse: « Je suis toujours avec vous. »

Franchissant la Colonie du Cap, du sud au nord, les voyageurs traversèrent le fleuve Orange et finirent par arriver à Litakou qui était alors le point extrême marqué sur la carte du sud de l’Afrique. Moffat avait déjà fondé non loin de là la station de Kuruman. Lemue et Rolland se proposèrent alors de pousser une centaine de milles plus loin, afin d’annoncer l’Évangile aux Baharutsis, tribu nombreuse dont l’existence venait d’être découverte.

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