AU COLISÉE DE SAINT-LOUIS
tique, les fils de la patrie française, les fils des Alliés. Tous ensemble, vous marcherez au combat, et pourquoi marcher au combat? Est-ce pour se battre? Est-ce pour déchirer les autres hommes? Est-ce pour conquérir des territoires? Est-ce pour arracher, d'une main rapace, une province, une ville? Non, non, ce n'est pas pour cela que nous faisons la guerre ; nous faisons la guerre pour la justice, pour la démocratie universelle, pour que l'autocratie succombe et pour que des hommes enfin libres, sous le soleil, après que cette guerre sera finie, puissent vivre dans les joies de la paix et du travail.
A l'Athletic Club de Saint-Louis, le Lundi 7 mai (à 9 heures du matin),
Grand banquet de plus de mille convives. Sur le mur un immense écriteau où ces mots sont écrits :
« 0 noble France, si fièrement éprise d'idéal, la cité de Saint-Louis te salue en ce jour et, glorieuse d'être issue de toi, se prépare à te soutenir dans ta lutte héroïque pour la justice, le droit et la liberté ».
Plusieurs discours sont prononcés.
M. René Viviani s'exprime en ces termes.
Messieurs,
Tout à l'heure, un de vos orateurs disait que le drapeau français était le premier qui avait flotté sur cette ville. Avant même qu'il rappelât ce glorieux souvenir, nous l'avions évoqué dans nos cœurs, car il nous semblait que, sur ce drapeau français, un peu du rayonnement était tombé que nous apercevions sur la splendeur de cette cité. Ici, en effet, quelque chose de particulier nous attendait, dans cette grande ville où une sorte de torrent humain s'est précipité depuis des siècles. Ici, à travers l'union des âmes, à travers la similitude des cœurs et des consciences, nous apercevons quelque chose qui nous rapproche davantage encore de la France. Et je n'exagère rien en disant que, parmi vous, nous avons trouvé les deux caractéristiques de notre pays. Vous avez le flegme énergique de nos populations du nord et de l'est, qui ont subi l'invasion sans faiblesse; vous avez, dans vos propos et vos manières, la douceur aimable de
cette Touraine, qui est le véritable jardin de la France, dont il nous semble, au milieu de tant de fleurs répandues, apercevoir la suprême beauté. Et vous avez en même temps la chaleur d'âme et l'enthousiasme de ces populations du midi, qui habitent aux côtes de cette Méditerranée caressante. Vous êtes le peuple de France tout entier, rassemblé sous le drapeau.
Et, en effet, d'où seraient venues les générosités admirables dont nos orphelins et nos blessés ont bénéficié? D'où serait venue cette organisation admirable de la Croix-Rouge, organisant les ambulances, prête pour la guerre, prête pour la mobilisation, donnant à chacun de ses dépôts 40.000 pansements médicaux et chirurgicaux, et prête à venir en aide aux soldats français qui luttent pour la liberté? Et d'où serait venue, il y a quelques mois, cette magnifique organisation du Bazar, où vous avez pu admirer, à travers les films modestes qui étaient présentés à vos regards, l'armée française combattant, l'armée française montant à l'assaut, debout dans ses tranchées et se préparant à marcher sur l'ennemi, acclamée par vous d'un tel ton et avec un tel accent que le bruit de votre voix est parvenu jusqu'au milieu de la France entière? D'où serait venue l'attitude de votre presse puissante et désintéressée, ayant la véritable conception du journalisme, renseignant les citoyens, apportant des faits, redressant les
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erreurs, établissant la vérité? Il suffisait d'ailleurs qu'on établisse la vérité sans courtisanerie et sans flatterie, pour que, parmi vous, la France apparût comme la première des nations. Et d'où serait venue cette admirable épigraphe que je trouve à la seconde page de ce document : « 0 noble France, si fièrement éprise d'idéal, la cité de Saint-Louis te salue en ce jour, et, glorieuse d'être issue de toi, se prépare à te soutenir dans ta lutte héroïque pour la justice, le droit et la liberté. »
Nous emporterons dans nos cœurs cet admirable salut à la France, comme nous emporterons dans nos cœurs l'épitaphe qui est en face de nous, ce rappel de la parole de La Fayette, de Napoléon, de notre président de la République. Oui, l'amitié de la France et de l'Amérique est éternelle. Oui, votre admiration ne s'est pas trompée d'objet. Elle est allée, à travers les traditions dont vous avez gardé ici la mémoire et le ton, à la fois à la France ancienne et à la France d'aujourd'hui. C'est saint Louis qui est le patron de cette cité. Et vous n'avez pas oublié le grand rôle joué par lui dans notre histoire de France. Les temps sont changés. Saint Louis rendait la justice à l'ombre d'un chêne; il départageait les citoyens lorsqu'un conflit avait surgi entre eux. Aujourd'hui, il s'agit de préparer une humanité meilleure, dans laquelle les nations rendront la justice entre
les nations ; mais cela, c'est l'œuvre de demain. Aujourd'hui, nous devons être tous à l'action, au devoir, au combat. Il ne s'agit pas de rendre la justice, il s'agit de la venger par les armes.
Pourquoi donc un de vos grands journaux rappelait-il hier que saint Louis était le patron de cette cité? Pourquoi donc rappelait-il qu'il avait conduit les croisés au delà de la Méditerranée? Oh! j'en suis sûr, ce n'est pas seulement pour avoir l'occasion de marquer un fait historique, d'ailleurs célèbre. C'est pour rattacher le passé au présent, pour montrer l'âme de la France toujours pareille à travers les siècles. Oui, depuis le début, depuis que la nation française a été nation, depuis que nous avons fondé notre unité nationale, la France a tenu dans ses mains le drapeau de la justice; elle a partout versé son sang, avec saint Louis au delà de la Méditerranée, avec d'autres hommes qui ont arrêté les avalanches barbares sur le sol français, avec la Révolution Française qui, à Valmy, a sauvé avec le territoire la liberté des peuples. Voilà où est allée votre admiration, en même temps qu'elle allait à La Fayette, au premier Français qui, à la fin de la monarchie finissante, est venu ici apporter le secours de ses armes, et avec le grand Washington, verser le sang français sur votre sol.
Et, j'en atteste votre attitude, les réceptions
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admirables dont nous sommes l'objet, ce sang n'a pas été versé en vain. Jamais d'ailleurs, la liberté n'a fait verser le sang en vain. Toujours, il sort de ce sang une semence immortelle, que les générations de l'avenir viennent recueillir. Et c'est parce que La Fayette est venu ici, parce qu'il a apporté le concours et le drapeau de la France aux soldats de l'Indépendance, que nous retrouvons ici, après cent et quarante années, des visages aimables, des cœurs confiants, des mains promptement tendues. Vous n'avez pas oublié que vous aviez prêté le serment de gratitude. Nous prêtons également le serment de fidélité.
Mais c'est aussi à la France de ce jour, à la France d'aujourd'hui, que va votre admiration. Ah! on pouvait craindre à l'étranger, où le jour venu de la grande tempête, lorsque le sol tremblait sous nos pieds, nos cœurs, à nous, ne tremblaient pas, on pouvait craindre que la France, finissante, dissolue, corrompue, comme on le pensait quelquefois à l'étranger, serait incapable de tenir son grand rôle et de tenir toujours aussi haut son drapeau. On pouvait se demander si elle se rattachait assez étroitement au passé, si nous serions dignes de nos ancêtres et capables de lutter encore, comme nous avions lutté. Après quelques jours de combat, les doutes avaient disparu, et la vérité historique était rétablie. Ces soldats
de France qui, pendant le mois d'août 1914, ont supporté les plus terribles des misères, presque isolés dans les champs de France, qui étaient là presque seuls, tenant, pour ainsi dire, au bout de leurs mains, l'envahisseur qui avançait pas à pas, ces soldats de France se sont battus comme ils se sont battus parce qu'ils étaient les soldats de France; mais aussi parce qu'ils étaient les missionnaires de la liberté, et que, si quelquefois, ils fléchissaient, c'était par lassitude, par fatigue, c'était parce qu'ils sentaient retomber sur leurs épaules le fardeau de la gloire qui nous vient de la profondeur des siècles et qu'ils étaient obligés de porter.
Et rappelez-vous bien cela, frères américains; c'est une armée démocratique, dans laquelle, malgré les galons qui sont sur les manches, les hommes sont tous égaux; c'est une armée de citoyens, et c'est parce que c'est une armée de citoyens, qu'en respectant, comme ils le font, la discipline et les chefs, consentant librement à cette discipline par la conscience, sans qu'elle soit imposée par la force, c'est pour cela qu'elle s'est battue. Elle avait à sa tète ce Maréchal Joffre que vous avez acclamé. Et savez-vous quelle est sa vraie gloire? C'est d'avoir conduit les armées de la Marne à la victoire, certes, c'est d'avoir résisté, comme un roc inébranlable, au milieu de la tempête qui l'assaillait. Oui, mais tout à l'heure,
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l'un des vôtres, et c'est ce qui prouve la délicatesse suprême de vos sentiments, et comme le disait tout à l'heure l'orateur auquel je succède, ce qui prouve, non pas l'amitié, mais cette tendresse fraternelle qui est dans vos cœurs et dans les nôtres, l'un de vous apportait au Maréchal Joffre cette simple carte postale. Qu'est-ce que c'est? Ah! que celui qui l'a reçue et surtout qui l'a gardée soit remercié de ses sentiments de fidélité à la France, qui transparaissent à travers le don qu'il a fait. C'est la petite, la simple, la modeste maison où le Maréchal Joffre est né. Il est sorti du peuple; ses parents pauvres se sont privés pour son éducation; il est parvenu à la plus haute école que nous ayons, l'École Polytechnique; il a fait sa carrière silencieusement, modestement, sans rien demander à personne; ainsi, il est parvenu au sommet de la hiérarchie militaire. Et savez-vous ce qu'il fera demain, lorsqu'il ira suspendre, dans son foyer modeste, l'épée de la victoire? Sorti du peuple, il rentrera dans le peuple, ne recherchant aucune des ovations de la rue ; il attendra l'histoire impartiale.
Voilà la beauté de la France. Soldats, officiers, chefs, soldats, tous du peuple, tous à la fois citoyens et soldats, capables, non seulement de lutter pour le territoire, mais également pour l'indépendance des peuples. Et vous l'avez très bien compris, vous l'avez admirablement saisi.
Et c'est à cela, citoyens, que nous devons l'admirable accueil que vous nous avez réservé. Que votre accueil reste dans nos cœurs, et soyez persuadés que nous en emporterons le souvenir. Ici, ce qui fait la beauté suprême de cette réunion, c'est que des hommes libres nous entendent, et que le même idéal, pour ainsi dire, flotte devant nos yeux. Ah! dans d'autres pays, dans les Empires Centraux, on veut aller à la bataille pour conquérir des terres, pour conquérir des corps. Nous, nous voulons combattre pour conquérir des esprits et des âmes. Nous voulons que, de cette guerre, jaillisse cette grande leçon, à savoir que les démocraties, quand elles sont organisées pour la bataille, sont supérieures aux autocraties. Un Français illustre, que je regrette de ne pas voir assez souvent cité en France même, et qui a rendu autrefois visite à l'Amérique, de Tocqueville, a écrit cette phrase, que je voudrais voir reproduire partout, tant elle peint admirablement l'histoire de nos jours. « Quand une démocratie est aux prises avec une autocratie, si l'autocratie ne remporte pas tout de suite la victoire, c'est à la démocratie que la victoire revient. » Pourquoi cela? Parce que l'autocratie n'est capable que de faire lever des corps ; la démocratie est capable de faire dresser des âmes ; la démocratie est capable de fournir, à la conscience de l'homme, l'aliment dont elle a besoin. Le soldat
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a besoin, pour se battre, d'apercevoir comme une grande flamme devant lui, qui est l'idéalisme humain. S'il donne sa vie, il veut bien la donner au territoire qu'il foule sous ses pieds, mais aussi à quelque chose de moins matériel, de plus insaisissable, que, de tous les points de la terre, les hommes peuvent apercevoir.
Voilà pourquoi nous luttons, et voilà pourquoi vous lutterez demain à nos côtés. Laissez passer les railleurs et les sceptiques. Combien de fois la France n'a-t-elle pas été raillée par des hommes qui se prétendent des historiens? On disait qu'elle s'était sacrifiée aux autres, qu'elle avait éparpillé son sang partout, le sang de ses enfants, elle n'en avait pas été assez avare, et que c'était pour des chimères, pour des rêves insaisissables que nos soldats se battaient sur tous les points de l'univers. C'est un mensonge. L'idéal n'est pas seulement ce qu'il y a de plus noble, c'est aussi ce qu'il y a de plus utile. Après des années et des années, lorsque les hommes qui portent en eux un idéal auront passé sur une terre, ils y auront semé la semence immortelle que les générations futures viendront recueillir. Après des années, lorsqu'un peuple s'est battu pour la démocratie et la liberté, son œuvre n'est pas finie ; elle se continue dans la conscience des autres hommes, qui se lèvent peu à peu, pleins d'admiration pour ce peuple généreux. C'est ainsi que vous avez agi, c'est ainsi
que nous avons agi. En 1776, Washington a fondé l'indépendance américaine; à ce moment, il ne pouvait pas s'agir de regarder en face l'humanité ; il ne pouvait pas s'agir, dans un monde livré tout entier à la monarchie absolue, d'aller apporter la liberté. Mais votre président Wilson a parfaitement compris ce qu'il y avait de mystérieux, ce qu'il y avait de caché, de profond, dans l'histoire américaine. Oui, j'en suis sûr et je puis le dire, quoique je ne sois pas Américain, et que je sois moins près de vous, des traditions de votre pays, j'en suis sûr, Washington lui-même bénirait l'acte qui est accompli. Il avait commencé par créer l'indépendance américaine. Mais à quoi sert-il qu'un peuple ait son indépendance, s'il n'en fait pas profiler les autres? Indépendance, liberté, idéal, ce ne sont pas, pour un peuple, des trésors pareils à ceux qu'un avare cache dans sa cave. Ils doivent rayonner sur l'humanité et les peuples, tous ensemble rassemblés. Et voilà pourquoi vous êtes restés fidèles à vos traditions, et, levant la tète devant l'agression germanique, vous avez refusé d'humilier votre grand honneur national devant les attaques et les injures dont yous étiez victimes. Mais, ce qui fait la beauté incomparable de votre acte, ce qui fera que le message de l'illustre président Wilson rejoindra, dans l'histoire, à une hauteur incomparable, tous les documents historiques que le monde a conservés,
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c'est qu'après avoir noté les griefs particuliers que vous aviez contre l'Allemagne impériale, il a en même temps déclaré qu'il ne s'agissait pas seulement de venger les morts d'Amérique, mais de tous les peuples, d'invoquer les droits imprescriptibles de l'humanité et de lutter pour la démocratie et la civilisation.
Nous voilà tous rassemblés; voici qu'est venue l'heure de la délivrance. Que la démocratie, peu à peu, montre son front radieux, et que l'autocratie descende dans les ténèbres et la nuit. Déjà, nous autres, depuis trois ans, nous avons combattu poing contre poing, poitrine contre poitrine. Et cet Aigle impérial qui, il y a trois ans, s'élevait dans les airs et volait sur nous pour saisir nos provinces, nous l'avons obligé à se terrer dans les tranchées. Voilà le combat que nous avons livré. Venez avec nous livrer le combat pour la délivrance universelle.
Et maintenant j'ai trop parlé. Je crains d'avoir abusé de vous. Nous allons aller dans la rue, saluer la population de Saint-Louis. Et autant que nous le pourrons, la remercier avec une gratitude infinie, de la réception et de l'accueil qui nous ont été réservés. Loin de la patrie, à 7 ou 8 mille kilomètres de Paris, nous ressentons, avec plus d'émotion encore, les acclamations qui viennent à la France. Je disais tout à l'heure, à l'un de nos compagnons, qu'ici on aime la France. En France,
si on est touché par ses grandeurs et sa beauté, no ne sait pas ce que c'est que d'aimer la France quand on est loin de la France, au milieu d'un peuple allié, d'un peuple aimé.
Allons" donc saluer vos compatriotes. Allons admirer la fière attitude de vos soldats, debout devant nous les armes à la main. Mais, comme si c'était là un auguste et heureux présage, allons saluer tous ceux qui nous attendent, qui tendent vers nous les mains. Et recevez de notre cœur l'assurance d'une fidélité éternelle dans le souvenir que nous emporterons de l'Amérique.
Discours
prononcé à Springfield,
le Lundi 7 mai.
Mesdames, Messieurs,
Avant de venir vous rendre visite dans cette salle législative, nous sommes allés tout près d'ici, dans le champ du silence, déposer des fleurs périssables sur l'immortel tombeau d'Abraham Lincoln, et lui apporter, ainsi qu'on fait pour une grande ombre, le salut de la France tout entière.
Et je voudrais bien que vous puissiez comprendre que, si longue que soit la distance qui sépare Springfield de la France, le rayonnement de cette noble figure, depuis longtemps, est venu dans notre pays. Dans aucune démocratie, dans aucune démocratie moderne, jamais aucun homme n'a offert au monde un plus pur spectacle, par sa noble carrière . Vous savez aussi bien que moi cette carrière. Vous savez que, né dans le peuple, fils d'un homme qui ne savait pas lire, après avoir subi dans l'enfance toutes les privations, il est arrivé, par la méditation solitaire, par l'étude, à cultiver son intelligence et à taire l'éducation de sa volonté. Vous savez qu'il est silencieusement parvenu au
faîte des honneurs civiques; et vous savez qu'à une pareille hauteur, il a contemplé sans trembler un grand, un' héroïque, un douloureux devoir. Il était un homme de haute pensée ; il savait que la conscience humaine ne peut, sans s'altérer, vivre longtemps au contact de l'injustice. Et voilà pourquoi, quelle que fût la compassion et la miséricorde de son cœur, parce qu'il fallait proclamer l'égalité de tous les êtres, parce qu'il fallait élever les noirs à la dignité de l'homme, il a déchaîné la guerre civile dans ce pays, cette guerre civile dont nous avons, un peu partout, contemplé les héros vieillis et réconciliés. Eh bien, au lendemain de cette gigantesque entreprise, il est mort. On ne peut dire qu'il soit enseveli dans son triomphe; ce triomphe durera autant que la vénération américaine. Et nous sommes venus ici, au nom de la France, au nom de la République française, pour saluer cette grande mémoire. Mais, permettez-moi de le dire, avec un juste orgueil de Français, la Révolution Française et la Révolution de 1848 ont, elles aussi, proclamé les droits de l'homme. C'est ce qui prouve que toutes les démocraties, à travers la distance et le temps, peuvent se rejoindre. Et lorsqu'il y a trois ans, l'Allemagne impériale, les armes à la main, sans motif, sans raison, simplement en vertu de la loi du plus fort, s'est précipitée sur la France a déchiré le droit international en violentant la conscience humaine, la France,