AU CONCRESS HOTEL DE CHICAGO
absolus s'imaginent qu'ils pourront conquérir le» autres peuples par les mariages, en mariant leurs sœurs, en mariant leurs cousines, en mariant leurs nièces, en ayant, sur tous les trônes, à côté d'eux, des représentants. Mais nous autres, c'est par le rapprochement continu et quotidien, c'est par l'effusion quotidienne de nos sentiments et de nos pensées, d'est par le contact quotidien de nos consciences, par la contemplation quotidienne de notre grande histoire commune, que nous avons resserré nos liens, si bien que notre amitié fraternelle n'avait pas besoin d'être inscrite dans des traités, et qu'elle vivait dans nos cœurs et dans nos consciences. Aux jours tragiques qui se sont levés pour la France en ces heures décisives, non seulement de son histoire, mais de l'histoire du monde, ce nous fut un réconfort et un soutien, dès les premières heures, de sentir battre à côté de notre âme, la grande âme américaine.
Si nous avions douté de la justice de notre cause, nous n'aurions plus douté lorsque, à travers l'immensité des flots, nous retournant vers la libre Amérique, nous voyions tous les Américains -pensants se retourner de notre côté, et, comme ils le pouvaient, par leurs sympathies morales, parles bienfaits matériels accumulés sur la tête de nos mourants et de nos orphelins, nous manifester une tendresse ardente qui, aux heures tragiques, nous a soulevés au-dessus de nous-mêmes.
Et si, dès la première heure, vous nous avez pour ainsi dire apporté l'inébranlable appui de votre adhésion morale, c'est parce que vous étiez une grande démocratie; c'est parce que nous sommes une grande démocratie ; c'est parce qu'en Europe ou en France, nous sommes des hommes libres et pacifiques, et que nous devons tomber d'accord pour lever de plus en plus haut le drapeau de la démocratie devant le rempart de l'autocratie qui disparaîtra.
Déjà, par le fer et par le feu, par la vaillance de nos enfants, par la force de notre épée, nous avons pu faire rayonner, dans le monde, toutes les idées de liberté.
Venez à nous, frères américains; venez combattre à côté des frères français, à côté des frères alliés. Venez, sous votre étendard glorieux, auquel s'ajouteront d'autres gloires, lutter pour la démocratie du monde, et montrer à tous que, quand le droit d'une nation est violé, le droit de toutes les nations est déchiré.
Dans ce message incomparable de grandeur et de noblesse, qui a été à l'âme française, et que le gouvernement de la République a fait afficher sur tous les murs des communes de France et fait lire et étudier à nos enfants dans nos écoles, votre illustre président, M. Wilson, a montré quelles étaient les idées de l'Amérique. Il les a trop magnifiquement exprimées pour que je