‹ La mission HourstChapitre 21 sur 22 · I).TI DJ I M · texte numérisé non relu

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petits morceaux de fer formant castagnettes, et rendant en s'entre-choquant un bruit assourdissant. Ils sont d'ailleurs assez gauches.

Et le matin, pas de guide, mais encore des gens d'Igga qui nous regardent. Notre Amadou est absolument navré, d'autant qu'il annonce de grosses difficultés de navigation. Effectivement, peu après, le fleuve recommence à se partager en bras nombreux. On mouille, et Digui part en pirogue reconnaître la route.

Pendant qu'il fait son exploration, nous voyons passer

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dans un bras de droite quatre-vingts à cent pirogues, avec un tam-tam qui bat sans cesse. Informations prises, c'est un convoi fluvial qui remonte à Roupia, où doit se tenir un grand marché. Le long de la route, et pour un salaire modique, les pirogues recueillent les marchands, tout comme les bateaux qui sillonnent la Seine, ou les omnibus dans nos rues. Une pirogue se détache de la bande; très aimablement on nous dit que, nous voyant arrêtés, on nous a crus dans l'embarras et on s'offre à nous guider.

Décidément, il y a un bon Dieu pour les honnêtes gens, j'allais dire contre les Anglais. Fait à remarquer, pour la morale que le lecteur pourra tirer de nos aventures, que les habitants des petits villages, les pauvres, nous ont partout aidés. Les difficultés, sans cesse renaissantes, que nous avons éprouvées dans cette partie du voyage, n*ont eu lieu que dans des grands centres.

Enchantés, nous faisons route. Nos guides ne sont pas de trop, nous traversons plusieurs rapides dangereux et arrivons à Fogué, où le fleuve redevient calme.

Le 2 octobre, nous avons encore une journée dure, mais c'est la dernière avant Boussa. A Ouara, nous devons à deux reprises passer isolément. Le courant est énorme et atteint sept milles à l'heure. Nous ressentons de nouveau cette impression de chute avec la masse d'eau, si pénible et que nous connaissons trop. Notre guide a rencontré un camarade à lui, qui l'aide de ses lumières. A cinq heures et demie, nous atteignons enfin Boussa, et nous mouillons devant le débarcadère du village. Le fleuve est partagé en plusieurs bras; la ville est sur celui de droite, éloignée de quinze cents mètres environ de la berge. Un petit village, habité par des pêcheurs et des marchands, se trouve près de notre campement. L'eau noire semble très profonde, et les tles sont couvertes d'une belle végétation. Les habitants

>chent sans crainte, et nous commençons avec eux le

abituel des provisions contre les objets d'échange,

)racelets, bagues, perles.

voie Amadou saluer le chef de vill^e, en lui pro-

it un beau cadeau s'il nous le rend favorable.

;ends son retour avec impatience. Nous voici à la der-

mais peut-être à la plus grosse difficulté du voyage. fait tant de bruit autour des chutes ou du moins des s de Boussa! Une providence amie nous a permis indre ce point sans qu'un seul de nos bateaux se soit , sans qu'un seul homme de la mission, blanc ou noir, fé de sa vie ce que l'on appelait, il y a un an, notre ité. Partout, plus ou moins facilement, mais partout, iommes passés avec la paix, sans laisser derrière nous aine ou un désir de vengeance. Encore un dernier

et le but est atteint précisément comme je t'ai voulu,

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précisément comme on nous l'a ordonné, et cela malgré le^ difficultés que nous ont créées les choses et les gens. Mais justement parce que cet effort est le dernier, nous en avons une appréhension peut-être plus grande que de tout le reste. Aussi n'est-ce pas sans un grand soulagement que je voisrevenir Amadou escorté d'un émissaire du chef. D'après lui. tout va aller bien, tout est arrangé, et le chef de Bouss^k nous fournira tout ce qu'il faudra, nous donnera toute l'ajHi^— = nécessaire pour franchir les rapides. Une forte provision d^^s kous, à la grande joie de notre équipage, accompagne ce£= bonnes paroles. Le chef de Boussa nous recevra le lendc — -

Pendant que je cause avec notre guide et les indigène;Ti= qui l'accompagnent , dus griots chantent nos louanges e*" " celles de leur maître. Croîrait-on que, d'après ces chants, le== gens de lîoussa seraient tes descendants des Perses.-" Ils sfc--^ donnent, en effet, comme les fils de Kisira , qui se batti»' avec Mahomet et fut chassé par celui-ci. Kisira, si nou=; nous en rapportons à l'histoire, n'est autre que le nom ara- — bise de Kosroes le Grand, qui, effectivement, fut l'adversaire malheureux du fondateur de l'Islam.

Je livre aux ethnologistes la chose pour ce qu'elle vauL .

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