NUIT DE FLEUVE
Sur le Fleuve huileux, le lourd bateau se traine,
Et s'essouffle, difforme, encombré de colis,
Oii des nègres se sont affalés, endormis
Dans la candeur d'une paix humble et souveraine.
Cependant que parmi les deux un peu pâlis Lente et douce erre la lune, comme uoe reine Qui laisserait sur des gazons frôler sa traîne De mousseline, avec des astres dans les plis.
Ombre au vert alTaibli des gonakiers touffus,
S'élève lentement du rivage dilTus
Le brouillard exhalé des nuits paludéennes,
Et, sans écho, dans le silence et la torpeur, Monte, en sifflets stridents, l'âme du vieux vapeur De l'eau dormante aux gerbes d'or échéréennes.
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