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1 Rapport de la Conférence de 1902. Ces citations traduites sont extraites de l'ouvrage mentionné dans la note précédente (page 145),
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procédés, ea conformité du même principe d'unité impériale, obtinrent un succès qui dépassa les espérances les plus extravagantes des impérialistes les plus exaltés. Qui eût pensé, même après la déclaration de guerre, que le Canada fournirait à la Grande-Bretagne, en quatre ans, au coût actuel de plus d'un milliard, une armée de cinq cent mille Canadiens, entièrement recrutée aux frais de la colonie, mais livrée à ja direction exclusive et sbsolue des chefs de l'armée anglaise ?
C'est ce triomphe invraisemblable de la politique impériale qui encourage les autorités britanniques à battre le fer pendant qu’il est encore chaud et à se forger, à même les ressources humaines et matériellés des colonies, une arme navale beaucoup plus formidable que les forces de terre concentrées pendant la guerre.
Ici, nous touchons à l'objectif avoué du plan préconisé par lord Jellicoe, lequel, on l’a vu, n’est que l'élargissement des projets esquissés dès 1902 et poursuivis sans relâche jusqu'en 1914.
L'Angleterre, dominatrice des mers
Ce que l'Angleterre veut, plus que jamais, c'est de conserver la domination des mers. Là-dessus les déclaritions de l'amiral sont aussi claires, aussi catégoriques, aussi oufs' ken qu'on peut le désirer. 11 tient le même langage que tenaient, avr . la guerre, et que tiennent encore aujourd’hui, tous les homnie d'Etat et tous les hommes de guerre de son pays. “The Empire must maintain a bal: of sea-power which will enable her to meet and conquer any enehy a-t-il affirmé à Ottawa. “We ought to maintain forces that are sufficie:.. to deal with any possible enemy”, a4-il répété à Toronto. A ses yeux, évidemment, l’ère de paix universelle n’est pas arrivée et les promesses de désarmement progressif dont les politiciens anglais et canadiens ont fait un si copieux usage pendant la guerre ne sont que mensonges et trompe-l’oeil. Il se réjouit de la destruction du militarisme prussien, mais il veut l’accroissement du navalisme britannique. Cela ne cadre guère avec les déclamations de ceux qui nous ont entraînés dans la croisade de la civilisation contre la barbarie, qui nous ont tant apeurés avec le monstre allemand, seule cause de la guerre, qui nous ont tant promis qu’une fois le caporalisme prussien abattu, les armées de terre et de mer disparaîtraient comme par enchantement du monde entier.
Mais pourquoi l'Angleterre tient-elle si éperdument à rester maltresse des mers ? .
Pour protéger les routes du commerce maritime, répond lord Jellicoe. Et en ceci, ajoute-t-il, le Canada, l'Australie et chacun des pays d'empire a le même intérêt que la Grande-Bretagne; par conséquent, chacun de ces pays doit contribuer proportionnellement à la police des mers, au maintien du sea-power de l'Angleterre. Pour l’Australie et la- Nouvelle-Zélande, îles voisines de l’Asie, à la portée du Japon, passe encore. Mais pour le Canada, prétendre qu’il a le même intérêt que
l'Angleterre à tenir les mers ouv
ertes, c'est un peu fort, La fermeture des ners, en temps de guerre,
c'est une géne pour le Canada ; mais il continue à trouver sur son soF lout ce qui est nécessaire à sa subsistance, Pour l'Angleterre, au contraire, c'est une question de vie ou de mort.
Mais en quoi l'Angleterre et tous les autres pays d'empire $eraient-ils gènés dans leurs transports maritimes, si aucune aation ne possédait de flotte de Buerre assez forte pour intercepter les grandes routes océaniques ? L'Angleterre, prétend-on, ne poursuit d'autre obiet que la liberté des mers Pour toutes les nations : si elle est sincère, qu'e’ie propose un désarmement graduel des puissances navales, au lieu de proceder hâtivement à un accroissement de forces dont l'inévitable
répercussion sera d'activer les préparatifs des autres puissances maritimes,
Quelle a été Ja principale cause matérielle de la guerre européenne sinon ce prétexte de chacune des coalitions rivales qu'elle était forcée d'accroitre sans cesse ses armements afin de se protéger ?
Ce que les Anglais ont tant reproché aux Allemands, c'est précisé. ment ce que lord Jellicoe
nous propose de faire. La prétention anglaise de dominer le monde par la suprématie de sa flotte est l’exacte réplique
de la prétention allemande de dominer l'Europe par la supériorité de ses armes.
Si lord Jellicoe voulait livrer toute sn pensée, ou celle des maîtres de l'empire, il avouerait que l'objectif primordial de la politique navale qu’il préconise, c'est d'assurer à l'Angleterre le maintien de son hégé.monie sur le commerce Maritime du monde entier, Ce n'est pas pour Saranbr à tout le monde la liberté des mers, ni même uniquement pour assurer son propre ravitaillement, que l'Angleterre veut avoir la flotte de guerre la plus puissante du globe; c'est pour s'assurer à ellemême, à elle seule, la maitrise absolue de toutes les routes maritimes afin de Pouvoir à sa guise les fermer aux nalions qui la gènent et les ouvrir à celles qui consentent à servir ses desseins. Elle veut pour elle Ja ‘liberté absolue et pour les autres nations une liberté subordonnée à s2s intérêts impériaux c! commerciaux,
Mais, objectera-t-on, l'Angleterre a-t-elle maritime des autres nations 9
Dans toutes les guerres, depuis la dé ét françaises, elle «'a fait autre chose.
a réglé à sa guise et au meilleur des pays neutres.
Mais, en temps de paix, les me lè monde ? La flotte
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