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jamais entravé le commerce
chéance des flottes espagnoles Dans la dernière guerre eïle de ses intérêts le commerce de la plupart
rs ne sont-elles pas ouvertes à tout anglaise gène-t-elle qui que ce soit ? Non ; pas plus que l’armée allemande, en temps de paix, ne gènait un seul Fran- Çais dans ses activités commerciales ou professionnelles. Mais la menace était Ià, constante, qui paralysait les activités de la nation française, la Collait aux flancs de la Russie et, finalement, la forçait de passer sous les fourches caudines de l'Angleterre.
La suprématie navale de l'Angleterre paralyse le développement du Commerce maritime de toutes les nations du globe et ls réduit à payer tribut à la marine marchande anglaise, Aucun peuple, aucun gouvernement n'est empressé de se construire une marine marchande lorsqu'il sait qu'en cas te Suerre, ses navires et son commerce seront à la merci d'une autre puissance.
Tant que l'Espagne, la Hollande et la France ont été de grandes nations maritimes, aussi longtemps qu'elles ont possédé une force navale assez puissante pour protéger leurs navires de commerce, l'Angleterre leur a cherché noise, Elle ne les a laissées en paix qu'après avoir détruit leurs flottes de guerre et leur commerce maritime.
Du jour où l'Allemagne, sa vieille alliée, voulut fonder un empire colonial, surtout développer un commerce Maritime indépendant du sien et protéger ce commerce par une force navale, l'Angleterre s'est retournée contre l'Allemagne et s'est servie de la France et de la Russie pour abattre la concurrence allemande, comme elle s'était servie de Ja Hollande pour abattre l'Espagne, de la France pour comprimer la Hol. lande, de la Prusse pour détruire la rivalité française,
Maintenant que la puissance navale de l'Allemagne est anéantie, l'An. gielerre est prête à se rapprocher à ‘’. pour l'utiliser contre toute rivale nouvelle qui pourra poindre sur un jet quelconque du globe. Déjà les prodromes de l’évolution se font sentir.
Menaces et avertissements — États. Unis, Japon La suprématie navale de l'Angleterre est, aujourd'hui, plus encore
qu'avant la guerre, la menace la plus constante qui pèse s: ‘ paix du monde; et c'est cette menace qu'on nous demande de ren, 'L plis lourde encore,
Mais, objectera-t-on encore, si personne ne proteste, la xx ne sera pas troublée, Evidemment, si toutes les nations du globe coasentaient à devenir tributaires de l'Empire britannique, tout irait a1 mieux... pour les Anglais ; et ceux-ci, pas plus que personne autre, d'ailleurs, re feraient la guerre par simple passe-temps. Ce serait la paix anglaise pour tout le monde.
Seulement, tout le monde n'en veut pas. Voici les Etats-Unis qui prétendent bien ae pas laisser perdre ce qu'ils ont gagné pendant Ja guerre. Ils construisent rapidement de nombreux navires de commerce: et ils entendent les protéger.
Pas plus tard que le 9 décembre, une dépêche de Washington annonçait que le bureau officiel des constructions navales des Etats-Unis recommande un programme dont l'exécution rendra, en cinq ans, la flotte
américaine “légale de la flotte la plus puissante maintenue par toute.
autre nation du monde”, C’est l'exacte réplique des paroles que lord Jellicoe prononçait à Ottawa dix jours auparavant, C’est aussi l’avertissement aux “chers cousins” d'Angleterre.
Les armements navals du Japon, son ambition de jouer en Asie le rôle de l’Angleterre en Europe et celui des Etats-Unis en Amérique, ne sont ua secret pour personne. Une lettre de Londres, publiée dans la Gazette du 15, parle du “mystère japonais”. On qualifie ainsi d’extraordinaires achats de métaux faits récemment au Japon. Cela aussi, c’est la riposte à la politique préconisée par lord Jellicoe.
Mais les Etats-Unis et le Japon ne sont-ils pas amis et alliés de l'Angleterre ? On sait ce que valent et ce que durent les amitiés internationales. Le traité anglo-japonais expire l'an prochain. L’alliance anglo-américaine n’est pas encore attachée à fer et à clous.
Si ce n’est pas en prévision de difficultés possibles avec les Etats- Unis ou le Japon, pourquoi, je vous le demande, cette hâte d'accroître les forces navales de l'Empire, déjà si puissantes ? Quelle autre nation pourrait, d’ici longtemps, menac-r la suprématie britannique sur les mers ?
Le “péril allemand” est écarté. Lord Jellicoe a même eu l’amabilité de démontrer, dans sa causerie au Canadian Club de Montréal, qu’il n'a jamais existé sous la forme qu'on lui prêtait, en 1910 et en 1913, pour étayer l’une ou l’autre des deux politiques navales tour à tour esquissées au Canada. Remercions-le, en passant, de cette tardive Justification, assurément désintéressée, de notre attitude à cet égard.
Non seulement la flotte allemande est anéaatie, mais scion les données fort intéressantes fournies par l’amiral dans cette même causerie, la flotte anglaise s’esi considérablement accrue durant la guerre. En 1914, dit-il, l'Angleterre possédait 650 vaisseaux et un persornei total de 220,000 hommes. En 1918, au moment de l'armistice, le nombre des vaisseaux s'élevait à 5,000 1 et le personnel, à 400,000 hommes. On voit que, tout en travaillant à abattre le mili‘arisme chez les autres, la pacifique Angleterre n’: pas négligé de l’accroitre notablement chez elle.
Mais si le “péril allemand” est écarté, si la flotte anglaise, toutepuissante pendant la guerre, est deux fois plus forte qu’en 1914, d’où vient la menace ? Contre quelle attaque éventuelle faut-il se parer, dare-dare, à grand renfort de dreadnoughts et de super-dreadnoughts ?
Evidemment ce que l'amiral Jellicoe ne peut pas dire c’est qu'indépendamment de l'intérêt primordial qu'a l'Angleterre de rester maîtresse du monde, elle ne trouve pas mauvais, à l'heure actuelle, de donner à réfléchir à nos bons alliés les Nippons, à nos chers cousins les Yankees.
1 Ce chiffre, donné par la Gazette, paraît fantastique. S'il est exact, il indique
ue le gouvernement anglais a mis en pratique les conseils d’avant-guerre de sir Percy
Seott et multiplié les petites unités. > personnel comprend les officiers, les marins,
les ingénieurs et techniciens de toute sorte et aussi, je peine, les fonctionnaires civils attachés au service naval.
rennes @vaemmaniéorémmmnel
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Situation particulière du Canada— « Doctrine » de Monroe
Mais ici, nous avons bien le droit, nous Canadiens, de tenir quelque compte de notre situation particulière dans l'Empire.
On a beau parler de “solidarité impériale”, de “communauté d’intérêts”, de “fraternité d’idéaux”, nos “frères” d'Angleterre mènent trop bien leurs affaires... et celles des autres, pour que nous ne songions pas un peu aux nètres.
En dépit de la doctrine d’unité impériale qu’il prêche, lord Jellicoe & trop de bon sens pour ne pas admettre qu’il existe entre chacun des pays de l'Empire des différences radicales de situation qui entroînent d'égales divergences d'intérêts, de responsabilités, de charges et de devoirs. Ainsi, il reconnait — nous l'avons noté — que le Canada étant appelé à se nrotéger sur l'Atlantique où les colonies océaniennes n’ont aucun intérêt, l'Australie et la Nouvelle-Zélande doivent assumer à peu près toutes les charges qui afféreraient au Canada pour la défense du Pacifique, si l’on ae tenait compte que des facteurs commerce et population.
Et le voisinage des Etats-Unis, qu’en fait-il? (C’est pourtant le facteur dominant, le facteur suprême et permanent de la situation internationale du Canada. Aucun autre pays de l’Empire n’occupe une situation analogue. Nous avons le droit et le devoir de le rappeler sans cesse aux doctrinaires de la “solidarité impériale”.
Avant la guerre, aux jours des débats sur la politique navale de l’un ou l’autre de nos “grands” partis, certains “patriotes” ardents me reprochaient amèrement de chercher un refuge ignominieux dans la doctrine Monroe. Je crois avoir fait justice de cette accusation et démontré, après M. Ewart du reste, que la soi-disant “doctrine” Monroe est un fait politique, voulu et accepté d’abord par l'Angleterre, et qu’il n’y a pas plus d’ignominie pour le Canada d’en tenir compte qu’il n’y a eu de honte pour la Belgique de compter sur l'appui de la France et de l’Angleterre contre l’agression de l'Allemagne.
Mais en ce qui touche particulièrement à la répercussion de la doctrine Monroe sur notre situation maritime, j'ai voulu conaaître l'opinion des deux amiraux anglais dont j'ai déjà parlé. Plusieurs années auparavant, j'avais lu le résumé d’un discours de lord Beresfcrd, à New-York, dans lequel la doctrine Monroe était représentée comme la base de la pclitique navale de l'Angleterre en Amérique. En juin 1914, je lui demandai si son opinion avait varié à cet égard. “Not a bit”, répliqua-t-il sans hésiter. “On the contrary, and so far as Canada ts concerned, 1 “think more than ever that the Monroe doctrine is your best safeguard.”
Naturellement, je me proposais de confronter cette opinion avec celle de son rival, lord *#+*, Celui-ci ne me donna pas même le temps de placer ma question. Je l'avais interrogé sur la valeur respective des politiques préconisées par les deux partis canadiens : marine locale ou “contribution d'urgence”, — “What is the use breaking your head on
NES, 7 ie
“Chat ? If you Canadians want to do “Washington, have an understanding 1 “cordingly. [LE they are friendly, they !
“navy can save you.” Fortifié par ces de autres poiats, je n'ai pa d’hui comme en ce Unis, toute flotte anglaise ou impériale e nous proteger ; et que, contre tout autre des Etats-Unis, Pour encombrant qu’il soit beaucoup plus sûrement que toutes les flottes e l'Empire, fussent-elles portées voilà pourquoi l'argument des “primes d'assurance” ral nous suggère de payer me semble, dans notre Cant. Il me parait même qu'il faut le prendre nous propose, c’est de nous faire Payer la très lourde prime d'une assurance qui exclut notre risque... et qui nous fait assumer <eux d'autrui.
Reste l'argument de la “protection” offerte à notre commerce, J'en ai dit ua mot, Il n'est pas inutile d'y revenir,
s cru devoir répud:er mes “hérésies”’,
as, fort peu convainà rebours. Ce qu'on
Protection et Reconnaissance
Au début de l'agitation créée Par la panique de 1909 et les premiers projets de contributions navales, on nous a beaucoup parlé de la nécessité de protéger “nos” navires de commerce, La guerre a fait bon marché de cet argument. Elle nous a fait constater que “nos” navires de commerce ne sont pas à nous mais à l'Angleterre, qui se les est prestement appropriés. Elle a démontré qu'en temps de guerre, l'Angleterre entend bien impérialiser aotre marine marchande tout autant que nos vaisseaux de guerre, si nous faisons la sottise d'en construire.
Ici encore, on peut voir une démonstration de ce que ] veut dire quaad elle parle de “liberté des mers”,
Que nous participions ou non à la police des mers, t&in d'une chose : Ja flotte britannique ou impér commerce maritime dans la mesure où l’Aagleter exportations pour s’alimenter ou alimenter ses clients. 1] est donc apsurde de parler de l'intérêt que nous avons à protéger notre Commerce, encore plus de reconnaissance envers l'Angleterre Pour la protection qu’elle lui accorde. A la lumière des leçons de la guerre, la pittoresque
Comparaison de M. Ewart apparaît plus exacte que j
amais. Si un trafiquant de plumes d'autruches proté
"Angleterre
On peut être ceriale protégera notre re aura besoin de nos
ge contre les voleurs le troupeau dont il tire de si beaux bénéfices, il ne s'ensuit pas que les autruches aient
envers celui qui les protège et les plume un devoir particulier de reconnaissance. Du reste, on parle beaucoup moins de reconnaissance, de ce
temps-ci. Lord Jellicoe, rendons-lui cette justice, n’en a pas soufflé mot.
something really practical, go tn vith the Americans, and act acvill help you, If they are not, no
ux opinions d'experts, divergentes sur tous les
Aujourtemps-là, je persiste à croire que, contre les Etatsst totalement impuissante à ennemi possible, le voisinage par ailleurs, nous protège t toutes les armées de au diapason que rêve lord Jellicoe, Et que le brave ami-
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