‹ La Moabite: drameChapitre 14 sur 97 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêhes, ZABULON.

Z A B U L N, sortant et refennant la porte derrière lui, aTec précaution.

Toi, Phareg ! Que viens-tu chercher dans mon désert ?

J'y viens précisément chercher la solitude.

ZABULON, apercerant Enoch et Joël.

Et qui sont ces gens-là?

Sois sans inquiétude ; C'est Enoch, d'Ephraïm, et Joël, d'Issachar.

ENOCH, s'arançant.

Autant amis d'Hélias qu'ennemis de Sammgar ; Si tu n'es pas changé, nos haines sont pareilles.

ZABULON

Plus bas, plus bas, amis, mes murs ont des oreilles.

PHAREG.

Tu n'es plus seul?

ZABULON

Hélas ! malgré mes cheveux gris, J'ai pris femme, ou plutôt, une femme m'a pris. Un être tout confit de crédulité folle, Qui, prêchant, nuit et jour, d'exemple et de parole ; S'efforce à me tirer hors des sentiers mauvais, Et se repent pour moi des fautes que je fais.

PHAREG.

Mais lui confierais-tu des secrets d'importance ?

ZABULON

Elle a, sur tous les points, toute ma confidence. Quoique d'humeur morose et d'esprit très aigri, Ma femme n'est pas femme à trahir son mari.

Tu le crois fermement ?

ZABULON

Je fais plus que le croire J'en suis sûr. Mais où tend cet interrogatoire ?

PHAREG.

Vous habitez tout seuls, tous deux dans ta maison ?

ZABULON, àpart.

Cette question-là m'a tout l'air d'un soupçon... Il a vu Misaël avec sa Moabite ?

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