ACTE DEUXIÈME
M IR I A H , montrant les fleurs.
Vous ne voyez donc pas ?
Mais ce bouquet cueilli ne le fut que pour elle. Oui, je veux la fêter, la maison paternelle, Je veux, qu'y présageant la fin de nos malheurs, Le calme de ces bois y rentre avec ces fleurs.
HÉLIAS.
Cette volonté-là, petite conseillère.
Pourrait ne pas trouver obéissance entière,
Et d'inspirer un calme oublieux du devoir,
Ces fleurs, ces belles fleurs, n'auront pas ce pouvoir.
MIRIAM
Hélas ! ma volonté n'était qu'une espérance.
HÉLIAS.
Ah ! ah ! c'est notre vieux débat qui recommence ? Et moi qui la suivais à travers la forêt , C'est pour me convertir alors qu'on m'égarait.
Hélas ! si vous saviez quel effort je déploie. Et comme ma gaité n'est pas toujours la joie.
HÉLIAS.
Ta souffres, mon enfant ?
HIRIAM.
Oui, d'un doute cruel.
Depuis que nous voici rentrés dans Israël, Par de sombres passants accostés sur la route, Vous parlez et j'entends, on répond et j'écoute. Or, sous tous les propos et dans tous les discours Un mot qui me tait peur réapparaît toujours ; Quel est-il ce serment qu'il faut qu'on exécute ? Est-ce que vous venez recommencer la lutte, Est-ce que le complot avorté renaîtrait ?
HÉLIAS.
Levez-vous et partons.
SE I R I A M , avec désespoir.
C'est donc vrai ! c'est donc vrai!
HÉLIAS.
Silence, Miriam, ces choses-là sont miennes.
Ma tendresse est à vous, n'entrez pas dans mes haines. Et quoi que vous puissiez en savoir désormais, N'en parlez plus jamais, vous m'entendez.
HIRIAU, tristement.
Jamais.
HÉLIAS, après un silence.
Je ne peux pas, vols-tu, déserter cette tâche, Joi|t my pousse, tout ïïjç l'impose et m'y rattache,