ACTE DEUXIÈME
C'est un devoir enfin, et toi qui sais si bien Ce que c'est qu'un devoir...
MIRI AH , se lovant et jetant ses fleun dans la rivière.
Oui, je ferai le mien.
HÉLIAS.
Pourquoi jeter tes fleurs ?
MIRIAM
Pourquoi garder mes rêves?
A quoi bon t'apporter leurs parfums et leurs sèves, Maison déserte où c'est l'efiTroi qui nous attend? Oh ! père, vous si bon, me faire souffirir tant !
HÉLIAS.
Tu ne peux pas douter cependant que je t'aime. Hélas ! la preuve en est ta croyance elle-même ! Est-ce qu'au jour d'exil, pas plus qu'aux heureux jours, Jamais par mes conseils, jamais par mes discours. Contrevenant au vœu de ta mère expirante.
J'ai troublé dans ton cœur la foi qui te tourmente ?
MIRIAM
Et qui donc m'avait dit, si ce n'est cette foi? Avant ton père Dieu, mais ton père avant toi.
HÉLIAS.
yous êtes, mon eijfeqt, la bonté sur la terre,
Mais n'est-il ici-bas qu'une fille et qu'un père?
Il est des opprimés, des oppresseurs, il est
Des libertés qu'on aime et des abus qu'on hait,
Et ce n'est pas Moïse et sa loi que je blâme,
Qu'il ait ou non vu Dieu, qu'importe, il a vu l'âme !
La conscience humaine est née au Sinaï,
Mais le prêtre! voilà l'adversaire haï.
MIRIAM
Par pitié !
HÉLIAS.
Pardon 1 oui, la colère m'égare.
Ne parlons plus jamais de ce qui nous sépare. Tant de choses nous sont un si puissant lien : Je te laisse ton Dieu, ne combats plus le mien. Tu m'entends, mon enfant?
MIRIAU.
Je vous entends, mon père.
HÉLIAS, l'arrêtant.
Mais regarde, vois-tu là-bas sur la rivière, De leurs mille couleurs illuminant les eaux.
Tes pauvres fleurs flottant sur un lit de roseaux? En étendant la main, nous les aurions sans peine; Viens les chercher avant que le flot les entraîne. Le crois-tu donc joyeux et doux mon horizon?... Va, j'ai besoin aussi de fleurs à la maison.
( Hélias et Hiriam s'éloignent du côté de la ririère. La porte de la cabane (Couvre. Entrent en scène Kozby, Hisaftl et Zabulon.)