‹ La Moabite: drameChapitre 38 sur 97 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Il te plait de te croire à ces hauteurs sublimes, Mais jamais tes transports n'en ont connu les cimes, Jamais regard fiévreux n'entrevit ces clartés, Et ce sont ses bas-fonds où vous vous agitez.

MISABL.

Pouvez-vous bien penser?...

KOZBT.

Peux-tu bien t'en défendre ?

Quel reproche est-ce là qu'on vient nous faire entendre ; Et que nous parle-t-on de cimes, de clarté ?

La terre me suffit où tu vois ma beauté.

aSSPHA.

Païenne!

Oh 1 oui, je suis païenne, et j'en fais gloire. Je ne sais même pas ce que c'est que de croire, Mais sur les verts coteaux de nos monts enchantés J'adore le soleil père des voluptés.

aSSPHA.

Eh bien, fils d'Israël, étais-je trop sévère?

HISAEL.

Ahl Kozby, qu'as-tu fait?

KOZBT.

Et toi, qu'allais-tu faire?...

Excuser notre amour en le faisant mentir?

Mon cœur ni mon orgueil n'y sauraient consentir.

Irai-je prendre au front un masque qui m'irrite?

Non, je suis l'idolâtre et libre Moabite,

Et même encor Moab n'existe plus pour moi,

Tant je vis dans l'oubli de tout, hormis de toi !

RESPHA.

Oui, certes, n'est-ce pas? Dieu, famille, patrie,

Tout doit crouler dessous ta folle idolâtrie?

Tout est faux qui n'est pas le bonheur dans tes bras?

Oui, certes tout est feux qui nous gène ici-bas.

RESPHA.

Sais-tu que ce serait ton arrêt, ce blasphème? Que s'il ne t'aimait plus...

KOZBT.

Oui, mais je sais qu'il m'aime.

RESPHA.

Et tu corromps son cœur pour garder son amour I

K0ZBT«

Je défends mon bonheur.

RESPHA.

Ton bonheur sera court.

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