R ESP H A
mon fils, tu l'entends, la folle pécheresse Et nul dégoût du mal ne fait crier ta foi 1'
HISAEL.
Mais si ce qu'elle dit, je le pense aussi, moi.
Oh! tu n'en es pas là?
MISAEL.
J'en suis plus loin, ma mère.
RESPHA.
Non, c'est pour m'eflfrayer et que je désespère De t'arracher au crime où tu veux vivre encor...
HISAEL.
Mais ce crime, ma mère, est-ce un crime d'abord? Est-ce la vérité qu'une erreur trop admise?
C'est le Dieu d'Israël et la loi de Moïse Pour qui ma faute est grande et mon crime réel. Mais il est d'autres dieux que le dieu d'Israël, La terre sous le ciel a de plus vastes routes, Et puisque celle-ci n'est qu'angoisse et que doutes, 'J'en sors.
K Z B T, lui saisissant la main.
Et je suis là pour marcher avec toi.
Ce sont les appétits qui sont la seule loi.
Au nom de quel devoir vient-on troubler les êtres ? L'instinct est tout ; le corps est roi, les sens sont maîtres ; Et que soient nos amours obscurs ou radieux, C'est nous notre patrie et nous sommes nos dieux !
RESPHA.
Oh ! cette femme I Dieu créateur, quelle femme ! Quel désert elle a fait de l'âme où fut mon âme Comme elle a sourdement exercé son pouvoir, L'entraînant au plaisir, le fermant au devoir; Comme elle a goutte à goutte infiltré dans ses veines La doctrine sans Dieu des passions humaines. Où tout a son excuse, où rien n'a son mépris : Ahl voleuse de cœur, me l'a-t-elle assez pris?
KOZBT.
Il semble que ce fils soit son bien et sa chose, Qu'on n'y saurait toucher qu'autant qu'elle en dispose, Et si sur son trésor la main d'autrui s'étend Sa jalousie avare éclate en insultant.
RSSPHA.
Avare, oui je l'étais, j'étais aussi jalouse De ce trésor d'amour préparé pour l'épouse Et que j'aurais livré d'un cœur reconnaissant A celle qui pouvait continuer mon sang.