ACTE TROISIÈME
Et joignons, chiens lâdiés, sous le désert du ciel,
L'universel pillage au rut universel !
Eh bien, non! non, bandits, restez en esclavage.
MISAEL, aax coi\jurôs.
Vous l'entendez.
PHARBG, à Hélias.
maître, un tel cri n'est pas sage.
Et nous qui la servons ta juste liberté.
Cet esclavage aussi l'avons-nous mérité ?
HÉLIAS.
Tu n'as donc pas compris l'espoir qui les soulève ?
P H A R E 6 , à demi-Tolx.
Il sera toujours temps de dissiper leur rêve !
HÉLIAS.
Gomment sont dissipés ces rêves, je le sai :
A coups de meurtres faits, à flot de sang versé.
Et ces trahisons-là ne m'entrent pas dans l'àme.
Puisqu'ils n'ont pas compris quels progrès je réclame.
Et que ces égarés ne voient pas de milieu
Entre un peuple sans prêtre et des brutes sans Dieu,
Je reprendrai plus lente et plus calme et plus claire
La sainte instruction de l'esprit populaire.
Et, chef de partisans convaincus, non séduits,
Je n'égorgerai pas ceux que j'aurai conduits.
MISAEL.
Est-ce ton dernier mot?
Mais ce n'est pas le vôtre !
Vous ne devenez pas insensés l'un et l'autre 1 Toi Phareg, tu sais toi, si tu las écouté, Qu*un tel déchaînement n'est pas la liberté.
MISAEL.
Filles de la révolte et sœurs de la licence, Toutes les libertés ont la même naissance.
HÉLIAS.
Mais ces libertés-là vont mourir au ruisseau Dont les pères n'ont pas préparé le berceau.
MISAEL.
Ah ! ça, mais toi, l'aïeul des révoltes sereines, Qu'as-tn donc fait depuis trois mois que tu nous traînes? Avec tous ces discours prononcés à grand bruit, Mis, réponds, qu'as-tu fait?
HÉLIAS.
Qu'ai-je fait ! j'ai détruit.
MISAEL.
La place est nette alors?... alors à l'édifice I... Le passé disparu, que l'avenir surgisse.