‹ La Moabite: drameChapitre 66 sur 97 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

H É L I Â S , assis auprès d'une tabla sur laqualle est posée une lumière brûlant encore, il fait jour. JOËL est debout derrière lui.

JOËL

Tu vois, maître, que tout marchera bien ce soir, Ton fier discours d'hier t'a rendu ton pouvoir Et même Misaël n'a plus osé rien dire.

HÉLIAS.

Son silence a doublé la crainte qu'il m'inspire ! Oh I j'aurais tant voulu que Misaël parlât; J'ai tout dit) j'ai tout fait pour qu'il se dévoilât, Mais en vain j*ai flétri sa doctrine insensée, En vain j'ai dans son cœur souffleté sa pensée,

U n'a rien dit maigre ijut ce qae je disais, Et ce fou dangereux sait choisir ses accès.

JOËL

Que t'importe, c'est toi qu'on suit et qu'on veut suivre.

HéLIAS.

Parce que malgré moi c'est moi qui vous délivre.

Mais ce soir, mais demain, quand nous serons vainqueurs

L'effrayant Misaël ressaisira les cœurs ;

Car sa doctrine est plus tentante que la nôtre

Auprès des libertés dont il se fait l'apôtre,

Qu'est-ce que le devoir librement accompli ?

J'offre le dioix des lois, il en promet l'oubli.

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